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En Côte d’Ivoire, perpétuité requise contre dix accusés de l’attentat de Grand-Bassam

Le procureur de la République, Richard Adou, a demandé la prison à vie, « une peine exemplaire et dissuasive », pour dix des accusés. Le verdict est attendu ce jeudi.

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Mis à jour le 22 décembre 2022 à 12:50

Les accusés de l’attentat de Grand-Bassam Cissé Hantao Ag Mohamed, Kounta Sidi Mohamed, Cissé Mohamed et Barry Hassan devant les juges, lors de l’ouverture du procès, le 30 novembre 2022 à Abidjan. © Sia Kambou/AFP

À l’issue d’un réquisitoire de plus de deux heures, mercredi à Abidjan, le procureur de la République, Richard Adou, a demandé la perpétuité, « une peine exemplaire et dissuasive », pour les quatre accusés de l’attentat jihadiste de Grand-Bassam, dont les quatre présents physiquement au procès qui a débuté fin novembre. Il a également demandé la peine maximale pour six autres personnes, en fuite ou détenus au Mali, qu’il a présenté comme certains « cerveaux » de l’opération. Enfin, pour les huit autre accusés jugés par contumace, il a laissé le choix de la peine à l’appréciation de la Cour.

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Tous sont accusés « d’actes terroristes, assassinat, tentative d’assassinat, recel de malfaiteurs, détention illégale d’armes à feu et de munitions de guerre et de complicité desdits faits ». Les quatre accusés présents à l’audience, Hantao Ag Mohamed Cissé, Sidi Mohamed Kounta, Mohamed Cissé et Hassan Barry, sont particulièrement soupçonnés d’avoir été des complices de cette attaque, en aidant les cerveaux de l’opération, dans le repérage notamment, ce qu’ils nient.

« Il faut décourager les adeptes de ces actes terroristes », a déclaré le procureur au cours de son réquisitoire. Le 13 mars 2016, trois jeunes assaillants avaient remonté la plage de Grand-Bassam, très fréquentée par des étrangers, puis pris d’assaut plusieurs restaurants, tirant à la kalachnikov sur des clients en terrasse avant d’être abattus par les forces de sécurité ivoiriennes. Revendiquée par la branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), cette attaque jihadiste, la première survenue en Côte d’Ivoire, avait fait 19 morts.

« L’horreur et la barbarie »

Au cours du procès, de nombreux témoins de l’attaque, dont le patron d’un des hôtels ciblés et un membre des forces spéciales qui ont abattu les assaillants, sont venus raconter la journée du 13 mars 2016 à la barre.

« La situation du 13 mars 2016 reste inoubliable. Nous avons été confrontés à l’horreur et la barbarie », a lancé Richard Adou lors de son réquisitoire. « Au nom de quoi peut-on s’arroger la qualité d’ôter la vie à d’autres à cause de leurs opinions? C’est une attaque contre la Côte d’Ivoire », a de son côté plaidé l’avocat des parties civiles, Amadou Camara.

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Outre les quatre Français, neuf Ivoiriens, un Libanais, une Allemande, une Macédonienne, une Malienne, une Nigériane et une personne non identifiée avaient été tués lors de l’attentat et 33 personnes de diverses nationalités blessées.

En janvier 2017, les soldats de la force française Barkhane avaient capturé un suspect clé, Mimi Ould Baba Ould Cheikh, considéré par les autorités ivoiriennes comme un des cerveaux de l’attentat, et par les autorités burkinabè comme le « chef des opérations » d’une autre attaque qui avait fait 30 morts à Ouagadougou en janvier 2016.

En représailles à Serval et Barkhane

Perpétrée en représailles aux opérations antijihadistes Serval et Barkhane menées par la France et ses alliés dans la région du Sahel, l’attaque de Grand-Bassam visait aussi la Côte d’Ivoire qui avait livré des membres d’Aqmi aux autorités maliennes.

En 2020 et 2021, les forces de défense et de sécurité ont été ciblées par des attaques meurtrières attribuées à des groupes jihadistes dans le nord de la Côte d’Ivoire, qui n’a cependant plus connu d’attentats contre des civils depuis celui de Grand-Bassam.

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L’attaque a durement éprouvé le secteur du tourisme dans le pays, déjà fragilisé par la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait quelque 3 000 morts. Le verdict est attendu ce jeudi 22 décembre.

(avec AFP)