Politique

COP15 sur la biodiversité : la RDC dénonce le verre à moitié vide

La 15e conférence des Nations unies sur la biodiversité a accouché d’un accord que la majorité des pays du monde encense. Des pays africains sont moins satisfaits.

Mis à jour le 20 décembre 2022 à 16:32
Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Le représentant de la RDC lors de la COP15 sur la biodiversité a critiqué les faibles moyens promis. © Damien Glez

« C’est bon, mais c’est pas arrivé », déclarent les commerçants africains pour encourager les prospects à faire un dernier effort pécuniaire. Si, en chaque situation, chacun peut voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide, l’urgence et le caractère tragique des questions climatiques invitent certains à la radicalité. Refuser les petits pas ou accepter ce que le consensus autorise : tel est le dilemme qui parcourt les coursives des grandes rencontres dédiées à la lutte contre la dégradation de l’environnement…

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Au Canada, la récente conférence des Nations unies sur la biodiversité COP15 n’a pas échappé aux différences d’appréciation, révélant une Afrique déçue par l’« accord de Kunming-Montréal ». C’est pourtant le mot « historique » qui barre nombre de manchettes de journaux reprenant les conclusions retenues par plus de 190 États, sous l’égide de la Chine, à l’issue d’un véritable marathon diplomatique.

Quelle réalité derrière les promesses ?

Ceux qui étaient pessimistes applaudissent aujourd’hui la fixation à 200 milliards de dollars par an, d’ici à 2030, de l’ensemble des financements dédiés au vivant, la création d’un mécanisme de partage des bénéfices issus des ressources génétiques des pays en développement exploitées par les entreprises des pays du Nord, la volonté affichée de réduire d’au moins 500 milliards de dollars par an, d’ici à 2030, des subventions nocives pour le vivant et d’au moins 50% les risques liés aux pesticides, l’objectif d’assurer la protection d’au moins 30% des terres, mers, côtes et eaux intérieures d’ici à 2030 ou encore certaines garanties pour les peuples autochtones.

Si les avancées sont objectives, leur effectivité est-elle garantie ? Leur ampleur suffisante ? Leurs effets justes ? Les organisations non gouvernementales dédiées à ces questions ont déjà annoncé la vigilance dont elles feront preuve, les ambitions des grands-messes n’étant pas toujours suivis d’effets suffisants. Quant à certains pays africains dont la RDC s’est fait le porte-parole, les actions tant vantées leur paraissaient insuffisantes dès leur annonce…

Sommes dérisoires

Certaines estimations des montants requis pour la préservation du vivant sont trois ou quatre fois supérieures aux 200 milliards de dollars annuels annoncés, les sommes proposées aux pays du Sud représentent le cinquième de ce qui était demandé et le fonds dédié à la biodiversité réclamé par le Sud a été refusé par le Nord.

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Comme son président Félix Tshisekedi déplorant, aux États-Unis à la même période, l’absence d’aide face au changement climatique, la RDC a-t-elle plaidé dans le désert à Montréal ? Alors qu’en principe, l’accord de la COP15 devait être adopté au consensus des 196 États parties de la Convention, les décisions ont été prises au forceps…