Politique

Mali : quand le prêcheur Cherif Haïdara tire la sonnette d’alarme

Le président du Haut conseil islamique du Mali, qui regroupe de nombreuses associations et chefs religieux, a diffusé une vidéo dans laquelle il invite les imams à « dire la vérité » aux autorités.

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Mis à jour le 18 décembre 2022 à 08:55

Le prédicateur religieux Cherif Haïdara (centre) lors d’un rassemblement pour la paix au Mali, le 2 mai 2015, à Bamako. © Habibou Kouyaté / AFP

C’est un tableau sombre de la situation du Mali que Chérif Ousmane Madani Haïdara, éminente personnalité religieuse du pays, a dressé dans une vidéo enregistrée jeudi chez lui dans la banlieue de Bamako, et largement partagée les jours suivants sur les réseaux sociaux.

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Contrastant avec la vision véhiculée par la junte au pouvoir, il appelle les imams à se faire entendre des autorités. « Nous demandons à tous les musulmans de se réunir dans les mosquées, dans les zaouïas (édifices religieux) afin de prier pour notre pays le Mali car, comme vous le savez tous, ça ne va pas, tant sur le plan sécuritaire qu’alimentaire », dit le prédicateur, qui parle de « crise sans précédent ».

« Les autorités devront écouter »

« Leaders religieux, votre devoir, c’est non seulement de prier pour votre communauté, mais aussi de conseiller et dire la vérité aux autorités si elles sont sur le mauvais chemin », ajoute-t-il, non sans préciser que celles-ci « devront écouter les propositions des leaders religieux ».

Un discours qui contredit celui régulièrement tenu par les autorités, lesquelles, sans nier les difficultés sociales, assurent avoir repris l’initiative contre les jihadistes sur le plan militaire et avoir rétabli la souveraineté du pays. Il émane d’un personnage très influent.

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Outre que Chérif Ousmane Madani Haïdara, 67 ans, préside depuis 2019 le Haut conseil islamique du Mali, institution qui regroupe associations et chefs religieux et fait l’interface avec les autorités, il est également à la tête du mouvement religieux Ançar Dine (sans lien avec le groupe islamiste Ansar Dine).

Fondé en en 1993, celui-ci compte des adeptes dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et s’inspire du rite malékite, dominant au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, prônant un islam tolérant et non violent.

(Avec AFP)