Société

Au Niger, l’école avant le pétrole

Mohamed Bazoum a choisi de miser sur une école nouvelle, entièrement repensée et mieux adaptée aux réalités socio-culturelles et économiques. Si, au Niger plus qu’ailleurs, l’éducation est un investissement durable et rentable, peut-elle être plus prometteuse que les matières premières ?

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Mis à jour le 31 décembre 2022 à 17:48
Seidik Abba

Par Seidik Abba

Journaliste et écrivain

Cours d’informatique pour un groupe d’élèves de la localité de Tombo Kasso, près de Dogondoutchi, dans le sud-est du Niger. © Tim Dirven/PANOS-REA

C’est l’un de ces parfaits paradoxes dont le Niger a parfois le secret. Celui d’être le pays qui a enfanté le professeur Abdou Moumouni Dioffo (l’université de Niamey porte son nom), premier Africain francophone agrégé de sciences physiques (1956), et le professeur Boubakar Ba, agrégé de mathématiques, premier ressortissant d’Afrique subsaharienne à entrer à l’École normale supérieure (ENS) de la rue d’Ulm, à Paris (1956) ; et d’être à la fois celui qui a affiché, en 2022, les taux de réussite aux examens scolaires les plus médiocres de la sous-région. Derrière les très mauvais résultats des élèves au baccalauréat (28,95 % de réussite) et au brevet d’études secondaires (27,18 %), se cache la longue et douloureuse agonie de l’école nigérienne.

Sur l’autel des économies budgétaires