Économie

Le FMI au secours du Ghana avec un prêt de 3 milliards de dollars

L’accord doit encore être approuvé à Washington. Nombre de Ghanéens craignent des mesures d’austérité, alors que le pays dirigé par Nana Akufo-Addo fait face à une inflation galopante.

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Mis à jour le 5 janvier 2023 à 14:51

Le président du Ghana, Nana Akufo-Addo (ici en juin 2022 lors de l’Africa CEO Forum à Abidjan) est critiqué pour sa gestion de la crise économique. © Issouf SANOGO / AFP

Le Ghana a trouvé un accord avec le Fonds monétaire international sur un prêt de trois milliards de dollars de renflouement, a annoncé ce 13 décembre l’institution. Ce « programme triennal […] au titre de la Facilité élargie de crédit [FEC] d’un montant […] vise à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette tout en jetant les bases d’une croissance plus forte et plus inclusive », a déclaré le chef de mission du FMI au Ghana, Stéphane Roudet.

Cet accord doit maintenant être approuvé par le Conseil d’administration du FMI à Washington, a-t-il poursuivi.

Déjà accablé par une forte dette, le Ghana est confronté à une inflation historique de plus de 40% et à l’effondrement de 50 % du cours du cédi par rapport au dollar, des difficultés économiques aggravées depuis l’invasion russe en Ukraine. Le président ghanéen Nana Akufo-Addo est sous le feu des critiques pour sa gestion de la crise économique et notamment pour avoir sollicité l’aide du FMI, lui qui avait autrefois promis un « Ghana sans aide ». Les paiements de remboursement de la dette ont grimpé en flèche. Ceux-ci absorbent actuellement plus de la moitié des recettes publiques.

Perspectives revues à la baisse

Nombre de Ghanéens craignent qu’avec cet accord, le gouvernement soit forcé d’imposer des mesures d’austérité qui accableraient un peu plus la population, déjà confrontée à l’explosion des prix. Le gouvernement a par exemple déjà augmenté la TVA de 2,5 points de pourcentage et a gelé les embauches dans la fonction publique afin de réduire les coûts et d’augmenter les recettes intérieures.

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Si l’accord avec le FMI est très controversé, le pays a « vraiment besoin » d’un renflouement pour « assurer la stabilité et la crédibilité macroéconomiques », a déclaré l’économiste ghanéen Daniel Anim Amarteye. Les principales agences de notation ont revu à la baisse leurs perspectives sur le Ghana, reflétant les inquiétudes du marché quant au risque de défaut de paiement de sa dette.

(avec AFP)