Politique

Mohammed VI, Macron et le souffle du colon, par François Soudan

Au football comme dans les relations bilatérales, Rabat entend désormais faire jeu égal avec Paris.

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 2 janvier 2023 à 15:02
François Soudan

Par François Soudan

Directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

© Vincent Fournier/Ja

ÉDITORIAL – Jamais match de football n’aura été aussi attendu au Maroc que celui-ci. Après avoir éliminé l’Espagne, c’est à l’autre de ses deux anciens colonisateurs, la France, que les Lions de l’Atlas se mesureront le 14 décembre, à Doha, en demi-finale de la Coupe du monde, avec ce supplément d’âme que seule l’Histoire peut accorder.

Même si le Protectorat français n’a, à aucun moment, étouffé un sentiment national et une conception de la marocanité reposant sur le triptyque Dieu-Patrie-Roi et sur le sang versé transmis par hérédité, il n’en fut pas moins une profonde servitude sur laquelle toute revanche est bonne à prendre, sans rancœur ni amertume. Surtout lorsque les Marocains croient encore sentir dans leurs complexes relations avec la France un peu du souffle de ce que Lyautey appelait « l’odieux muflisme du colon ».