Politique

Tchad – manifestations du 20 octobre : 59 personnes relaxées

Sur les plus de 600 personnes arrêtées pendant et après les rassemblements, 401 ont déjà été jugées. Le président de transition, Mahamat Idriss Déby Itno, les avait accusées d’avoir voulu mener une « insurrection » et une tentative de « coup d’État ».

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Mis à jour le 12 décembre 2022 à 10:38

Le procureur du Tchad Moussa Wade Djibrine lors d’une conférence de presse. © Denis Sassou Gueipeur / AFP.

Cent trente-neuf personnes arrêtées au cours d’une manifestation réprimée dans un bain de sang le 20 octobre au Tchad ont été remises en liberté le 11 décembre au soir après un mois et demi de détention, a annoncé le substitut du procureur de la République de N’Djamena.

Ils sont arrivés en fin de journée au ministère de la Justice à N’Djamena à bord de véhicules militaires après 48 heures de route depuis la prison de Koro Toro et avaient l’air fatigués, a constaté un journaliste. Dans la journée du 8 décembre, 80 jeunes âgés de 13 à 18 ans avaient déjà été remis en liberté provisoire.

Une cinquantaine de morts

« Toutes ces personnes sont munies d’un ordre de libération. Dès cet instant, elles sont libres et peuvent rentrer chez elles », a déclaré le second substitut du procureur de N’Djamena, Rachid Mahamat Allamine. Au total, 80 d’entre elles ont écopé de un à deux ans d’emprisonnement avec sursis et les 59 autres ont été relaxées à l’issue du procès de masse au cours duquel 401 personnes ont été jugées.

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Ces dernières avaient été arrêtées à N’Djamena pendant et après la manifestation organisée le 20 octobre contre le pouvoir qui avait fait une cinquantaine de morts, essentiellement dans la capitale, quand les forces de l’ordre avaient ouvert le feu.

Huis clos

Les autorités ont reconnu l’arrestation de 601 personnes dans la capitale et leur transfert dans la prison de haute sécurité de Koro Toro. Le président de transition, Mahamat Idriss Déby Itno, les avait accusés d’avoir voulu mener une « insurrection » et une tentative de « coup d’État ». Le procès s’est tenu à huis clos à la fin de novembre pendant quatre jours, sans avocats et sans médias indépendants, dans le bagne de Koro Toro à 600 km au nord-est de N’Djamena, la capitale, où les manifestants arrêtés avaient été massivement transférés.

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Lors de ce même procès, 262 personnes ont été condamnées à des peines de 2 à 3 ans de prison ferme pour « attroupement non autorisé, destruction de biens, incendie volontaire, violence et voies de fait et trouble à l’ordre public ». À ce jour, plus de 200 personnes sur les quelque 600 arrêtées sont encore sous le coup d’une enquête menée par des juges d’instruction.

(avec AFP)