Politique

Mali : l’ex-rébellion touareg réclame une « réunion d’urgence »

La Coordination des Mouvements de l’Azawad sollicite de l’Algérie et des autres médiateurs internationaux une « réunion d’urgence » dans un « lieu neutre », pour examiner l’accord pour la paix dans le nord du Mali dont elle a dénoncé récemment « la déliquescence ».

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Mis à jour le 11 décembre 2022 à 20:18

Alghabass ag Intalla, président de la CMA, photographié le 7 juin 2013 à Ouagadougou. © Photo by AHMED OUOBA / AFP

La Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) se dit « reconnaissante des efforts déployés par la médiation internationale conduite par l’Algérie et ayant abouti à la signature » de l’accord « depuis bientôt huit ans », dans une correspondance au ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtan Lamamra, datée de samedi 10 décembre et parvenue dimanche à l’AFP.

La CMA, alliance de groupes à dominante touareg avec une composante arabe ayant combattu l’État malien avant de signer avec lui l’accord de paix dit d’Alger en 2015, se dit « reconnaissante des efforts déployés par la médiation internationale conduite par l’Algérie et ayant abouti à la signature » de l’accord.

Réunion d’urgence

Elle sollicite « une réunion d’urgence avec l’ensemble de la médiation internationale dans un lieu neutre », dans ce texte signé par son président, Alghabass Ag Intalla.

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Cette demande « se justifie par le besoin d’un examen décisif de (la) viabilité » de l’accord signé en 2015, ajoute ce texte.

« Éviter une rupture définitive »

La CMA avait « dénoncé » la « déliquescence » de cet accord et appelé ses garants internationaux à « éviter une rupture définitive » entre ses parties, dans un communiqué publié vendredi à l’issue d’une réunion de son bureau exécutif tenue à Kidal, son fief dans le nord du pays.

« Il est regrettable d’avouer » que « l’accord de paix « pâtit incontestablement du manque évident d’engagements efficients (des) parties capitales pour sa mise en oeuvre, à savoir les gouvernements successifs du Mali, la médiation (algérienne) et la communauté internationale garante de son application intégrale », avait-elle dit dans ce texte.

Au lieu d’indépendance, l’accord que les rebelles ont signé en 2015 avec les groupes armés pro-gouvernementaux et l’État malien prévoit plus d’autonomie locale et l’intégration des combattants dans une armée dite « reconstituée », sous l’autorité de l’État. Son application reste fragmentaire.

(Avec AFP)