Société

Sénégal : Naomi Campbell chez Macky Sall pour parler mode et recyclage

À l’occasion du show dakarois de la marque de luxe Chanel, le top model des années 1980 était reçu ce mardi par le président sénégalais.

Mis à jour le 9 décembre 2022 à 14:34
Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Le président sénégalais Macky Sall a reçu Naomi Campbell au palais présidentiel le 6 décembre. © Damien Glez

Naomi Campbell est une habituée du numéro 6 de l’avenue Léopold-Sedar-Senghor de Dakar, notamment depuis que son locataire s’appelle Macky Sall. En 2019 déjà, l’ancien mannequin britannique d’ascendance jamaïcaine profitait de la célébration de son anniversaire à Gorée pour faire un crochet à la présidence sénégalaise. Elle y évoqua la condition des femmes de Rebeuss, Richard Toll et Saint-Louis. Ce mardi 6 décembre, c’est aux questions du recyclage, de la mode et de l’émergence des jeunes talents que la célébrité entendait sensibiliser Macky Sall.

« Caution noire »

Naomi Campbell foulait le sol sénégalais pour les besoins du défilé de la collection dite des Métiers d’art de la marque de luxe Chanel, un show présenté comme une première délocalisation africaine, après Cuba ou Dubaï. Lors de l’audience présidentielle, elle était accompagnée du directeur créatif du prestigieux magazine Vogue. Pionnière du mannequinat noir dans la mode occidentale, l’ancienne star des podiums ne manque pas d’expériences africaines, pour le meilleur et, parfois, pour le plus grinçant…

Consciente d’avoir été longtemps « la caution noire […] dans un défilé de 70 mannequins », Campbell continue de se battre contre le manque de diversité dans le milieu de la mode. En 2018, après le lancement de la version arabe de Vogue, depuis Lagos, elle réclamait publiquement une version africaine du magazine, afin de mettre en évidence la contribution du continent à l’industrie de la mode.

L’épisode des diamants

Les engagements de la star aujourd’hui quinquagénaire l’ont amenée à croiser la route de bon nombre de politiciens. Pour le meilleur : un selfie avec Nelson Mandela qui conduira Madiba à la décrire comme une personne qu’il aimait « sincèrement », car faisant « partie de cette génération qui a choisi le monde comme théâtre de ses opérations ». Campbell ne manquera jamais une occasion de brandir son « trophée », comme en août 2021 où elle invoquait Mandela pour attaquer Jacob Zuma, responsable, selon elle, « d’émeutes en Afrique du Sud ».

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D’autres accointances avec des chefs d’État africains l’ont conduite dans des situations plus inconfortables. En août 2010, Naomi Campbell fut appelée à témoigner lors du procès de Charles Taylor pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Après une rencontre avec le président libérien d’alors, elle avait reçu en cadeau une « petite bourse » dans laquelle elle découvrira « de toutes petites pierres à l’aspect sale ». Sans doute plus sale qu’elle ne l’imaginait, en cette période où prospéraient les trafiquants de « diamants du sang ». L’honneur fut sauf : Naomi Campbell s’était débarrassée des pierres précieuses en les offrant à la fondation… Nelson Mandela.