Politique

Est de la RDC : un trafiquant d’or belge sanctionné par l’Union européenne

L’homme d’affaires belge Alain Goetz, déjà sanctionné par les États-Unis, a été placé sous sanctions de l’Union européenne, ce jeudi 8 décembre, pour avoir « tiré profit du conflit armé » dans l’est de la RDC. Un ancien ministre congolais et un officier des FARDC sont également concernés.

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Mis à jour le 9 décembre 2022 à 14:44

Une veillée de prière en souvenir des victimes des troubles en cours dans l’Est du pays, le 7 décembre. © (Photo by Sébastien KITSA MUSAYI / AFP)

Alain Goetz, né à Anvers en 1965, est l’ancien directeur de la société African Gold Refinery, accusée d’avoir acheté et commercialisé depuis 2016 de l’or illicite provenant de mines en RDC contrôlées par des groupes armés. L’homme d’affaires belge a été sanctionné pour avoir « tiré profit du conflit armé, de l’instabilité ou de l’insécurité en RDC en se livrant à l’exploitation et au commerce illicites de ressources naturelles », précise la décision publiée au Journal officiel de l’UE.

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Il sera interdit d’entrée dans l’UE et ses avoirs seront gelés. Il ne pourra en outre pas recevoir de fonds en provenance de l’UE. L’homme d’affaires belge, très influent de Kinshasa à Kampala, avait déjà été sanctionné par les États-Unis, en mars dernier, pour des faits identiques. « Alain Goetz et son réseau ont contribué au conflit armé en recevant l’or congolais sans mettre en question son origine », avait alors affirmé le Trésor américain.

Chefs de guerre

Alain Goetz n’est pas le seul à avoir été placé sous sanction par le Conseil de l’UE. Les 27 ont également inscrit sur leur liste noire un ancien ministre congolais, Justin Bitakwira, ainsi qu’un responsable des forces armées congolaises (FARDC), le colonel Joseph Nganzo Olikwa Tipi, commandant d’une unité responsables de graves violations des droits de l’homme, en particuliers des viols.

Par ailleurs, cinq dirigeants de groupes armés non gouvernementaux sévissant dans l’est du Congo sont concernés par les sanctions de Bruxelles : Ruvugayimikore Protogène, chef des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR); Meddie Nkalubo, des Forces Démocratiques Alliées (ADF); Désiré Londroma Ndjukpa, du groupe Coopérative pour le développement du Congo (Codeco-URPC); Willy Ngoma, porte-parole du Mouvement du 23 Mars (M23/ARC) et William Yakutumba, commandant de la Coalition de milices Maï-Maï CNPSC.

« Au total, 17 personnes font désormais l’objet de mesures restrictives de l’UE, qui ont été prorogées jusqu’au 12 décembre 2023 », précise le communiqué. L’UE entend avec cette décision « soutenir les efforts déployés par les autorités de la RDC pour instaurer une paix durable et stabiliser la partie est du pays », souligne le communiqué, qui précise que « le Conseil continuera de suivre de près la situation dans le pays et pourrait envisager d’autres mesures restrictives en fonction de l’évolution de la situation ».

(Avec AFP)