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Manifestations au Tchad : 80 jeunes remis en liberté provisoire

Ils avaient été arrêtés au cours des rassemblements qui ont eu lieu le 20 octobre, à l’issue desquels une cinquantaine de personnes ont été tuées.

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Mis à jour le 9 décembre 2022 à 10:26

Une mère embrasse son fils à N’Djamena le 8 décembre 2022 après qu’il ait été libéré sous caution. © Denis Sassou Gueipeur / AFP

Quatre-vingts jeunes ont été remis en liberté provisoire après un mois et demi de détention dans une prison de haute sécurité en plein milieu du désert. « Les avocats des enfants et le directeur général du ministère de l’Action sociale ont introduit une demande de liberté provisoire en leur faveur et le juge a accédé à cette demande », a annoncé le procureur de la République de N’Djamena, Moussa Wade Djibrine.

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Ils avaient été arrêtés à N’Djamena pendant et après la manifestation organisée le 20 octobre. Une cinquantaine de personnes avaient été tuées quand les forces de l’ordre avaient ouvert le feu. Les autorités tchadiennes avaient par la suite reconnu avoir procédé à plus de 600 arrestations dans la capitale.

Bagne

Le 5 décembre, Moussa Wade Djibrine avait annoncé la condamnation de 262 personnes à des peines de 2 à 3 ans de prison ferme à l’issue du procès de 401 personnes qui s’est tenu pendant quatre jours à huis clos dans le bagne de Koro Toro, à 600 km au nord-est de la capitale, où les manifestants arrêtés avaient été massivement transférés.

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Quatre-vingts d’entre eux – majoritairement des jeunes manifestants – ont écopé de un à deux ans d’emprisonnement avec sursis, et 59 ont été relaxés. Ces jeunes, dont un tiers sont âgés de moins de 16 ans, avaient également été transférés à Koro Toro où ils ont été détenus pendant un mois et demi avant d’être rapatriés dans une prison de N’Djamena. Leurs avocats avaient dénoncé une procédure de dépaysement « illégale ».

Si une demande de liberté provisoire a été acceptée par le juge, « l’instruction suit son cours », a rappelé le procureur. Ils sont poursuivis notamment pour des faits « d’attroupement non autorisé », de « destruction des biens » ou encore de « troubles à l’ordre public ».

 

(avec AFP)