Politique

RDC : au moins 131 civils tués par les rebelles du M23

Une enquête préliminaire de l’ONU accuse aussi la rébellion d’avoir commis viols et pillages, les 29 et 30 novembre, dans deux villages de l’est de la RDC, en représailles à des affrontements avec des groupes armés.

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Mis à jour le 8 décembre 2022 à 12:40

Des drapeaux de la République démocratique du Congo entourés de bougies à Beni, lors d’une veillée de prière en mémoire des victimes des troubles en cours dans l’est du pays, le 7 décembre 2022. © Sébastien KITSA MUSAYI / AFP

L’enquête préliminaire de l’ONU, basée sur des témoignages et rendue publique dans la nuit du 7 au 8 décembre par la mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco), concerne Kishishe et le village voisin de Bambo, dans la province du Nord-Kivu. Le 5 décembre, les autorités de Kinshasa avaient évoqué un bilan d’environ 300 morts.

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Ces 131 civils (102 hommes, 17 femmes et 12 enfants) ont été tués « au cours d’actes de représailles contre les populations civiles ». « Les victimes ont été exécutées arbitrairement par balles ou à l’aide d’armes blanches, précise la Monusco dans un communiqué. Huit personnes ont par ailleurs été blessées par balles et 60 autres enlevées. Au moins 22 femmes et cinq filles ont été violées ».

« Ces violences ont été commises dans le cadre d’une campagne de meurtres, de viols, d’enlèvements et de pillages contre ces deux villages du territoire de Rutshuru en représailles à des affrontements entre le M23 » et des miliciens des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et autres groupes armés, poursuit le communiqué.

Fosses communes

L’enquête a été menée par le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’Homme (BCNUDH) et la Monusco. Ils disent avoir « interrogé 52 victimes et témoins directs, et diverses sources » à Rwindi (à 20 km de Kishishe), où se trouve une base de la Monusco et où des victimes et témoins ont trouvé refuge. Les enquêteurs n’ont pu se rendre à Kishishe et Bambo « en raison des contraintes de sécurité dues au fait que Kishishe est pour le moment contrôlé par le M23 et du risque élevé de représailles contre les victimes et les témoins encore présents dans la zone », souligne la Monusco.

Dans son communiqué, celle-ci indique que, selon l’équipe d’enquête préliminaire, « des éléments du M23 auraient enterré eux-mêmes les corps des victimes, dans ce qui pourrait être une tentative de destruction des preuves ».

Le 6 décembre, le M23 s’est dit « prêt à commencer à se désengager et se retirer », mais aucun retrait n’a été observé jusqu’à présent.

(avec AFP)