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Cet article est issu du dossier «Macky Sall peut-il changer le Sénégal ?»

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Santé

Sénégal – Santé : des soins pour tous

Un service d'urgence. © AFP

Moins de 20 % des Sénégalais disposent d'une assurance maladie. La création d'une couverture universelle de base est donc l'une des réformes les plus attendues.

Le candidat Macky Sall l’avait promis. Six mois après son élection, le gouvernement s’évertue à poser les jalons d’une couverture maladie universelle de base pour mettre en place un système de santé équitable et supprimer les injustices en matière d’accès aux soins. Le défi est énorme dans un pays où 80 % de la population n’a pas de couverture médicale (selon l’enquête démographique réalisée en 2005), où les hôpitaux de référence croulent sous le poids de la dette, estimée à 8 milliards de F CFA (plus de 12 millions d’euros), et qui manque cruellement de personnel qualifié ainsi que d’un plateau médical performant, premier frein à la mise en oeuvre d’une telle politique de santé.

Financement

Pour Awa Marie Coll-Seck, la ministre de la Santé, la couverture maladie universelle et l’accès de tous à des soins de qualité est un tout. « C’est pourquoi nous avons proposé au président d’augmenter le budget de la santé, qui est de plus de 110 milliards de F CFA pour l’année en cours [soit plus de 5 % du budget, NDLR], afin d’avoir des structures de qualité, un personnel qualifié et un plateau technique performant », explique-t-elle. Dans un premier temps, « des mesures vont être prises pour accélérer le processus d’épuration de la dette au niveau des hôpitaux ».

Traitements décentralisés

L’une des priorités de la nouvelle politique de santé est de réduire les disparités entre Dakar et le reste du pays. Le gouvernement prévoit donc la création de centres hospitaliers universitaires (CHU) régionaux, d’écoles de paramédicaux (infirmiers, techniciens supérieurs de laboratoires, sages-femmes, etc.) et, là où il n’y a pas d’hôpitaux, d’unités médicales mobiles. N.L.

Le budget du ministère de la Santé ne permet pas, à lui seul, d’assurer la création de la couverture maladie universelle de base, mais, comme le confie El Hadj Niang, un médecin proche du nouveau pouvoir, l’État prévoit de mettre en place un « mécanisme autonome de financement ». Ce dernier sera alimenté par la collecte de primes d’assurance ou de mutuelle, par des prélèvements sur les activités à forte rentabilité (télécoms, industries extractives, pharmaceutiques, tabac, transactions financières…) et par les économies dégagées grâce à la réduction du train de vie de l’État. À cet égard, Macky Sall a déjà supprimé, en mai, une cinquantaine d’agences et de directions publiques, ainsi que divers avantages dont bénéficiaient les membres du gouvernement. Pour Mballo Dia Thiam, le secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas), il est possible d’instaurer dans ces conditions un mode de financement global et d’assurer « un système de santé équitable, comme l’ont fait d’autres pays, tel le Rwanda ».

Depuis el mois de juin, une vingtaine de mutuelles ont déjà bénéficié du fonds d’équité.

Plan sésame

Pas question cependant, pour engager le projet de la couverture maladie universelle, d’attendre par exemple que la dette des hôpitaux soit apurée. « Ces chantiers se feront en parallèle », précise-t-on au ministère de la Santé. Ainsi, depuis le mois de juin, une vingtaine de mutuelles ont déjà bénéficié du fonds d’équité (d’un montant de 650 millions de F CFA) destiné à la prise en charge médicale des personnes indigentes dans les régions de Kaolack, Fatick, Diourbel et Kaffrine. Ce programme pilote, fruit d’une coopération avec la Belgique, va permettre à 10 000 personnes de recevoir gratuitement des soins d’ici à un an. « Ce fonds est un pas supplémentaire vers la couverture sanitaire universelle », souligne la ministre de la Santé.

Quant aux avancées obtenues sous la présidence d’Abdoulaye Wade, notamment le Plan Sésame (soins offerts aux personnes âgées), la gratuité des césariennes, la prise en charge des malades atteints de la tuberculose ou du sida, « elles seront maintenues et intégrées dans le système de financement global », précise El Hadj Niang, qui reconnaît que ces dispositifs étaient de bonnes initiatives. Mais sans mécanisme autonome pour récolter des fonds, et compte tenu des difficultés de l’État à payer les hôpitaux, elles rencontraient de nombreux problèmes. 

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