Politique

Afrique du Sud : touché mais pas coulé, Cyril Ramaphosa refuse de démissionner

Affaibli par une affaire d’argent dissimulé dans sa ferme de Phala Phala, le chef de l’État a envisagé de quitter son poste après la publication d’un rapport d’enquête. Mais son entourage l’a convaincu de contre-attaquer.

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Par - à Johannesburg
Mis à jour le 5 décembre 2022 à 16:26

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, à Johannesburg, le 5 décembre 2022, après une réunion du Comité exécutif national (NEC) du Congrès national africain (ANC) pour discuter de son sort. © MARCO LONGARI/AFP

Soudain, Cyril Ramaphosa a disparu. Son agenda s’est effacé. La visite d’État du président vénézuélien, Nicolas Maduro, prévue à Pretoria le 6 décembre ? Annulée. Toujours par monts et par vaux, le président sud-africain est sorti des radars. Il s’est terré chez lui, entouré de ses alliés, pour réfléchir à son avenir. Sa démission était même sur la table.

Cette disparition remonte au 30 novembre. Ce jour-là, une commission d’enquête indépendante publie son rapport sur l’affaire Phala Phala. Le président Ramaphosa est soupçonné d’avoir dissimulé au moins 580 000 dollars en liquide sous l’un des canapés de sa ferme à bétail et gibier de luxe de Phala Phala. L’argent avait été découvert par des cambrioleurs en février 2020. L’équipe de sécurité rapprochée du chef de l’État avait alors traqué les malfrats en toute discrétion pour mettre la main sur le magot et étouffer l’affaire. Le public en a pris connaissance en juin 2022 quand Arthur Fraser, à la tête des renseignements sous l’ancien président Jacob Zuma, a porté plainte dans un commissariat.

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