Politique

Algérie-France : Tebboune nomme cinq historiens pour la commission mixte

Le président Abdelmadjid Tebboune a nommé les cinq historiens qui feront partie de la commission mixte algéro-française chargée d’étudier les archives de la période coloniale et de la guerre d’Algérie. L’Élysée n’a pas encore rendu publics les noms des experts français.

Mis à jour le 2 décembre 2022 à 16:39

Les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron, à Alger, le 27 août 2022. © Ludovic MARIN/AFP

Plus de trois mois après l’annonce de la création d’une commission mixte d’historiens chargée d’étudier les archives de la colonisation et de la guerre d’Algérie, la présidence algérienne a procédé à la nomination des cinq historiens algériens qui en feront partie.

Les cinq experts, dont les noms n’ont pas été officiellement dévoilés, ont été reçus mercredi au palais d’El Mouradia par le président Tebboune en présence de Abdelmadjid Chikhi, conseiller chargé des archives et de la mémoire.

La présidence algérienne n’a pas précisé si elle avait reçu la liste des historiens français que l’Élysée lui a adressée, comme l’a révélé récemment l’ambassadeur de France à Alger.

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Selon les informations obtenues par Jeune Afrique, les cinq historiens qui intègrent cette commission mixte sont Mohamed El Korso, Idir Hachi, Abdelaziz Fillali, Mohamed Lahcen Zighidi et Djamel Yahiaoui.

Cinq experts reconnus

Ancien président de la Fondation du 8-mai-1945, El Korso est un historien reconnu pour ses travaux sur la période coloniale. En avril 2021, il avait cosigné avec neuf confrères une lettre au président Tebboune pour réclamer l’ouverture des archives nationales. Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, il s’est montré très critique à l’égard d’Abdelmadjid Chikhi, dont il juge la gestion de ces archives « personnelle et arbitraire ».

Mohamed El Korso, professeur d’histoire à la faculté d’Alger, est également l’un des rares historiens à avoir favorablement accueilli le rapport sur la mémoire que l’historien français Benjamin Stora a remis au président Macron alors que ce document a été largement critiqué en Algérie.

Maître de conférences à l’université de Constantine, Abdelaziz Fillali est un spécialiste d’Abdelhamid Ben Badis, penseur et membre fondateur de l’Association des oulémas musulmans algériens.

Historien, enseignant, chercheur au CRASC d’Oran, Idir Hachi est le fils de Slimane Hachi, connu pour ses travaux sur l’anthropologie. Âgé de 37 ans, Hachi a publié de nombreux travaux sur l’insurrection de 1871 en Kabylie qui a été durement matée par l’armée française avant que certains chefs de cette révolte ne soient déportés vers les bagnes de Nouvelle Calédonie.

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Professeur d’histoire à l’université d’Alger et auteur de plusieurs ouvrages sur la guerre d’Algérie, Mohamed Lahcen Zighidi a été auparavant directeur du Musée national du Moudjahid. Zighidi intervient régulièrement dans les médias pour réclamer notamment la restitution des archives coloniales, ainsi que la restitution des crânes de résistants algériens détenus en France.

Djamel Yahiaoui, enfin, est professeur à l’université d’Alger et chercheur en histoire de la révolution. Il est également membre du Centre national d’études et de recherches sur le mouvement national et la révolution du 1er novembre 1954, et directeur du Centre national du livre.

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La création de cette commission mixte chargée d’étudier les archives algériennes et françaises portant sur la période coloniale a été annoncée lors de la visite d’Emmanuel Macron en Algérie en août 2022. Depuis, Paris et Alger sont en concertation permanente pour discuter de sa composition, ainsi que des modalités de travail des experts. L’Élysée a déjà transmis sa liste d’historiens, qui devrait être rendue publique incessamment.