Politique

RDC : reprise des combats entre l’armée et les rebelles du M23

La trêve obtenue au sommet de Luanda, le 23 novembre, n’aura duré que cinq jours. Les combats ont repris ce 1er décembre, à 70 kilomètres au nord de Goma.

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Mis à jour le 5 décembre 2022 à 11:23

Un officier des FARDC lors d’une session d’enrôlement de volontaires dans le cadre de la lutte contre le M23, à Goma, le 7 novembre 2022. © ALEXIS HUGUET / AFP

Les tirs d’armes lourdes ont de nouveau retenti ce 1er décembre, dans l’est de la République démocratique du Congo, marquant la reprise des combats entre rebelles du M23 et l’armée congolaise, après cinq jours d’une trêve obtenue au sommet de Luanda du 23 novembre.

Il y avait été décidé d’un cessez-le-feu à partir du vendredi 25, suivi deux jours plus tard du retrait du M23 des zones conquises depuis plusieurs mois dans la province du Nord-Kivu.
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Aucun retrait n’a été observé, mais les combats avaient cessé depuis le 26 au matin même si le M23 continuait de s’opposer à des milices, notamment le 29 novembre, dans un village de la région de Bambo, à environ 70 km au nord de la capitale provinciale Goma, où de nombreux civils auraient été tués.

« C’est la panique »

C’est non loin de là qu’une reprise des combats entre les rebelles et les forces armées de RDC (FARDC) a été signalée le 1er décembre, à Kirima, à une dizaine de kilomètres de l’agglomération de Kibirizi. « Depuis le matin, des combats ont repris entre les FARDC et le M23 à Kirima. Les rebelles ont traversé le pont en direction de Kibirizi après les combats d’avant-hier à Kishishe. C’est la panique », a témoigné Paul Lutibahwa, président de la société civile de Bambo.

Une source sécuritaire a accusé les rebelles du M23 d’avoir violé le cessez-le-feu et de « continuer à piller et à se battre ». « Les combats sont violents, nous utilisons l’artillerie lourde », a précisé un officier de l’armée congolaise. Également interrogé par l’AFP, le porte-parole militaire du M23, Willy Ngoma, a confirmé ces combats avec les FARDC.

Plus de voyage papal

Une marche a eu lieu jeudi matin à Goma pour protester contre l’attitude de la communauté internationale, accusée d’inaction voire de complicité. Plusieurs journalistes et manifestants ont été malmenés lors de cette manifestation, qui n’avait pas été autorisée par la mairie.

Une autre marche, organisée par l’Église catholique, s’est déroulée dans le calme à Bukavu, dans la province voisine du Sud-Kivu.

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La reprise des combats après une courte trêve intervient alors que le Vatican a annoncé les nouvelles dates, du 31 janvier au 3 février 2023, d’une visite du pape François en RDC, initialement prévue en juillet mais reportée pour des raisons de santé. Le souverain pontife viendra à Kinshasa mais l’étape de Goma ne figure plus au programme.

L’endroit qui avait été choisi pour sa messe, à 15 km au nord de la ville, est actuellement occupé par une position militaire installée par les FARDC pour stopper l’avancée du M23 vers la ville.

(avec AFP)