Politique

Tentative de putsch à São Tomé-et-Principe : le principal suspect dénonce un « simulacre »

Remis en liberté provisoire, Delfim Nevès continue de dénoncer « un montage pour le faire éliminer ». Des enquêtes sont ouvertes sur le coup d’État déjoué du 25 novembre et le décès de quatre personnes.

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Mis à jour le 1 décembre 2022 à 16:50

Patrice Trovoada à Paris, le 7 novembre 2018. © Vincent Fournier/JA

L’opposant et ex-président de l’Assemblée nationale de São Tomé-et-Principe Delfim Nevès, accusé par le Premier ministre Patrice Trovoada d’avoir commandité une « tentative de coup d’État » le 25 novembre dernier a dénoncé un « simulacre » destiné à le faire « éliminer ».

Suite à la tentative de putsch, il avait été arrêté après avoir été « dénoncé » comme le « commanditaire » d’une « tentative de coup d’État » par quatre hommes capturés après six heures d’échange de tirs au QG de l’armée, avait affirmé le Premier ministre Patrice Trovoada. Il a été remis en liberté provisoire sous contrôle judiciaire ce 29 novembre.

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Ni le ministère de la Justice ni le parquet n’ont voulu dire si Delfim Nevès avait été inculpé, et de quoi le cas échéant. « Tout cela n’est qu’un simulacre, un montage », « visant à l’élimination physique de personnes qui peuvent être gênantes politiquement, et j’en fais partie », a dénoncé l’opposant lors d’une conférence de presse diffusée sur les réseaux sociaux et plusieurs médias santoméens en ligne.

Enquêtes

Le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une deuxième enquête, en plus de celle sur la tentative de putsch, sur les circonstances des quatre décès. « Comment expliquer la mort de trois assaillants et de l’un des commanditaires présumés ? Comment éclaircir cette affaire devant la justice s’ils se sont déjà fait justice eux-mêmes ? », s’interroge l’ONG santoméenne Observatoire de la transparence-STP sur sa page Facebook.

L’Union européenne a « fermement condamné » la « tentative de coup d’État » en souhaitant que des enquêtes « fassent la lumière sur les faits (…) en conformité avec les droits humains et les valeurs démocratiques ».

(avec AFP)