Politique

Mali : le satisfecit de Goodluck Jonathan à Assimi Goïta

En visite à Bamako, le médiateur de la Cedeao a rencontré le président de la transition. Il estime que les autorités se consacrent « totalement » au processus engagé pour un retour des civils au pouvoir.

Par
Mis à jour le 30 novembre 2022 à 12:26

vL’ancien président nigérian Goodluck Jonathan à Bamako, le 25 mai 2021. © Amadou Keita/REUTERS

Médiateur pour le compte de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan était ce 29 novembre à Bamako, en amont d’un sommet des dirigeants de la sous-région qui doit avoir lieu le 4 décembre, à Abuja.

La Cedeao fait pression depuis plus de deux ans sur la junte qui a pris le pouvoir par la force en août 2020 pour qu’elle le rende rapidement aux civils. Face aux journalistes, Goodluck Jonathan s’est félicité des progrès effectués. « Nous sommes plutôt satisfaits de ce qui est en train de se passer, le programme de la transition se déroule bien », a-t-il déclaré après avoir rencontré des responsables gouvernementaux maliens et le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta investi président en 2021.

À Lire Tiéman Hubert Coulibaly : « Assimi Goïta est un dictateur »

Sous la pression de la Cedeao et d’une partie de la communauté internationale, les militaires maliens avaient accepté de rendre les rênes du pays au bout de 18 mois après leur premier coup de force. Mais depuis le deuxième putsch de mai 2021, ils ont révoqué leur engagement avant d’annoncer, en janvier 2022, vouloir rester au pouvoir jusqu’à cinq années supplémentaires. La sous-région avait alors décidé d’imposer un embargo commercial et financier au Mali.

Avancées

Les militaires ont fini par accepter de céder la place en mars 2024 après des élections. L’embargo a été levé en juillet, mais des sanctions individuelles contre des dizaines de membres ou proches de la junte ont été maintenues, et le Mali reste suspendu des organes de décision de la Cedeao.

« Il reste des problèmes dans quelques domaines, mais on nous a rassurés quant au fait que ces problèmes n’affecteraient pas le programme de la transition, a déclaré Goodluck Jonathan. Le gouvernement se consacre totalement à la tâche, c’est ce que nous voulons et les dirigeants de la Cedeao seront heureux d’entendre cela [dimanche]. »

À Lire Côte d’Ivoire-Mali : cinq questions pour comprendre l’affaire des 46 soldats ivoiriens arrêtés

Outre l’avancée du processus dit de transition, les dirigeants des États membres devraient se pencher sur la situation de 46 soldats ivoiriens retenus depuis juillet au Mali, source de fortes tensions entre les deux pays. La Cedeao avait décidé lors d’un sommet en septembre de dépêcher au Mali une délégation de haut niveau pour tenter de dénouer la crise, mais aucun progrès n’a été rapporté.

Depuis, la Côte d’Ivoire a annoncé le retrait de son contingent participant à la mission de paix de l’ONU déployée au Mali, pays en proie à la propagation jihadiste et à une crise multidimensionnelle depuis 2012.

(avec AFP)