Économie

Énergie : Lekela Power va investir au Maroc, en Tunisie et au Kenya

Selon son PDG, Chris Antonopoulos, le producteur indépendant africain veut étendre ses activités sur le continent, lequel va « connaître l’âge d’or des énergies renouvelables ».

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Mis à jour le 29 novembre 2022 à 17:02

Les éoliennes de Taiba Ndiaye, dans l’ouest du Sénégal, en octobre 2019. © ADRIEN BARBIER/AFP

Le plus important producteur indépendant d’énergie (IPP) du continent, Lekela Power, a l’intention de tripler sa taille une fois que son rachat par Infinity Group et Africa Finance Corporation (AFC) sera terminé, selon son PDG, Chris Antonopoulos. L’Afrique du Sud et l’Égypte resteront les principaux marchés de la société et représenteront chacune environ un tiers de son activité. De nouveaux pays constitueront le tiers restant, le Maroc, la Tunisie et le Kenya faisant partie des marchés envisagés.

Créé par le fonds britannique Actis (60 % du capital) et l’opérateur irlandais Mainstream Renewable Power (40 % du capital), Lekela a été cédé en juillet à l’égyptien Infinity et le nigérian AFC pour un montant non divulgué. Dow Jones a rapporté que l’accord, dans lequel la direction existante reste en place, évalue Lekela à 1,5 milliard de dollars. La conclusion de l’opération, que Chris Antonopoulos prévoit pour décembre ou janvier prochains, dépend de l’approbation finale des gouvernements et des prêteurs du projet.

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Basé à Amsterdam, Lekela a une capacité installée de 1 gigawatt (GW), ce qui le place derrière Scatec (3,5 GW) sur des projets solaires et éoliens.

Une nécessité

Selon Chris Antonopoulos, même si la majeure partie de son énergie provient encore des combustibles fossiles, l’Afrique dispose de ressources inégalées pour produire de l’énergie renouvelable, de sorte que l’entreprise n’a pas besoin de réfléchir à des projets en dehors du continent.

Selon lui, les énergies renouvelables restent toujours moins chères que les combustibles fossiles, même si les coûts logistiques ont augmenté.

>> À lire sur The Africa Report – Lekela considers Morocco, Tunisia and Kenya renewable power expansion

L’augmentation de la part de l’électricité issue des énergies renouvelables n’est « pas seulement un souhait pour les gouvernements africains, mais une nécessité », selon le chef d’entreprise. « L’âge d’or des énergies renouvelables en Afrique est en train d’arriver ».

Parcs éoliens

Lekela travaille sur un nouveau parc éolien de 250 MW en Égypte, qui sera le plus grand projet de la société, construit en 24 mois près de la mer Rouge. Le financement de ce projet sera bouclé en 2023 ou au début de 2024. L’année prochaine sera également marquée par le bouclage du financement d’un projet de stockage sur batteries au Sénégal, dont l’exploitation débutera en 2024. Ce projet se situera à proximité du parc éolien Taiba N’Diaye, d’une capacité de 159 MW.

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Le portefeuille actuel de la société comprend sept parcs éoliens, dont cinq en Afrique du Sud, un en Égypte et un au Sénégal. Un parc éolien est également en cours de développement au Ghana, avec une capacité initiale de 150 MW et un potentiel de 75 MW supplémentaires.

Diminution des investissements

Les fournisseurs africains d’énergies renouvelables tentent de se développer, encouragés par les préoccupations environnementales et par la hausse des prix des combustibles fossiles, qui augmentent la demande de nouvelles solutions. Cependant, les investissements ont diminué, selon Bloomberg NEF (BNEF) qui évalue à seulement 2,6 milliards de dollars les capitaux fournis pour les projets renouvelables africains en 2021. C’est le chiffre le plus bas depuis onze ans : il représente seulement 0,6 % du total mondial, indique BNEF.

En octobre, Chris Antonopoulos figurait parmi les signataires d’une lettre ouverte adressée aux chefs d’État du G20, dans laquelle il affirmait que des mesures supplémentaires devaient être prises pour promouvoir les énergies renouvelables. La crise énergétique actuelle ne doit pas servir de prétexte à un verrouillage à long terme de la production de combustibles fossiles.

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Les coûts moyens mondiaux des nouveaux projets d’éoliennes terrestres sont inférieurs d’environ 40 % à ceux des nouveaux projets de centrales électriques au charbon ou au gaz. Toutefois, au rythme de croissance actuel, moins des deux tiers de la capacité éolienne mondiale nécessaire d’ici à 2030 pour atteindre un niveau zéro d’émissions de gaz à effet de serre seront atteints, indique ce texte.