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Maroc : comment Mohammed VI a réorganisé les institutions juives de fond en comble

Depuis 1945, les instances de la communauté juive du royaume n’avaient jamais été réformées. C’est désormais chose faite. Principaux axes de cette refonte : un système institutionnel centralisé, des subventions publiques et l’appui des Juifs marocains de l’étranger.

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Mis à jour le 25 novembre 2022 à 12:52

Dans une synagogue du Mellah, le quartier juif de Marrakech. © FADEL SENNA/AFP

Pour les 3 000 âmes de la communauté juive-marocaine, c’est une véritable révolution. Début novembre, un dahir (décret) relatif à l’organisation de cette communauté a été publié au Bulletin officiel. Il prévoit notamment la création d’un dispositif composé de trois instances : le Conseil national de la communauté juive marocaine, la Commission des Juifs marocains de l’étranger et la Fondation du judaïsme marocain.

Sur le fond, il s’agit d’ériger un système centralisé, « une architecture conforme aux attentes de la communauté, qui a d’ailleurs été largement consultée », abonde Serge Berdugo, secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc.

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Au royaume, les institutions juives avaient besoin d’un petit rafraîchissement. Et pour cause, leur dernière réorganisation en date remonte à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, sous le règne du roi Mohammed V. Quant à ses représentants, ils n’ont pas été renouvelés depuis 1969. Bien évidemment, au fil du temps, ceux qui sont décédés ont été remplacés sur la base de la simple cooptation.