Politique

RDC : le M23 ne s’estime « pas vraiment concerné » par l’accord de cessez-le-feu

Deux jours après l’annonce faite à Luanda de la mise en place d’un cessez-le-feu dès ce 25 novembre au soir, les espoirs d’un apaisement du conflit sont grands. Mais beaucoup doutent que cet accord sera respecté.

Par
Mis à jour le 25 novembre 2022 à 11:36

Des Congolais qui ont fui l’avancée du M23 s’installent le long de la route nationale 2 à Kanyaruchinya, le district nord de Goma, le 2 novembre 2022. © ALEXIS HUGUET / AFP

Un accord sur le papier, mais que va-t-il se passer sur le terrain ? Après l’annonce à Luanda d’un cessez-le-feu, ce mercredi 25 novembre, et d’un retrait des rebelles du M23 des zones qu’ils occupent dans l’est de la République démocratique du Congo, l’espoir d’une issue rapide au conflit était mince.

À Lire RDC – M23 : William Ruto attendu à Kinshasa alors que les combats reprennent

« Le M23 a pris connaissance de ce document [l’accord, ndlr] sur les réseaux sociaux… Il n’y avait personne [nous représentant] dans ce sommet donc ça ne nous concerne pas vraiment », a déclaré Lawrence Kanyuka, porte-parole politique du Mouvement du 23 mars. « Normalement, quand il y a un cessez-le-feu, c’est entre les deux parties en guerre », a-t-il ajouté.

Un mini-sommet organisé le 23 novembre dans la capitale angolaise a réuni notamment le président congolais Félix Tshisekedi et, en l’absence du président rwandais Paul Kagame, son ministre des Affaires étrangères Vincent Biruta.

À Lire RDC : face au M23, Félix Tshisekedi « chef de guerre » malgré lui

Il y a été décidé une cessation des hostilités dès ce 25 novembre au soir, suivie du retrait des rebelles du M23 « des zones occupées » et de leur « repli dans leurs positions initiales ». Si les rebelles refusent, la force régionale est-africaine en cours de déploiement à Goma « fera usage de la force pour les pousser à se soumettre ».

« Cessez-le-feu unilatéral »

Lawrence Kanyuka a affirmé que les rebelles avaient eux-mêmes décrété un « cessez-le-feu unilatéral » en avril, et estimaient que celui-ci était toujours en vigueur. « Si demain, le gouvernement ne nous attaque pas, nous en serons toujours là », a-t-il assuré. Dans le cas contraire, « nous nous défendrons » a-t-il ajouté.

Le porte-parole du M23 a affirmé que le mouvement était « toujours prêt à un dialogue direct avec le gouvernement congolais pour résoudre les causes profondes » du conflit ». Il n’en est pas question, a répondu Christophe Lutundula, rappelant qu’il était exclu de négocier avec des « terroristes ». Avant de conclure : « Demain, 18h00, le M23 doit cesser toutes ses attaques ».

(avec AFP)