Politique

Jordanie : démonstration de force des Frères musulmans

Une manifestation anti-gouvernementale en mars 2011 à Amman.

Une manifestation anti-gouvernementale en mars 2011 à Amman. © Reuters

Malgré la dissolution du Parlement et l’annonce d’élections législatives au 23 janvier, les Frères musulmans poursuivent la contestation.

« Je dis donc aux Frères musulmans : vous avez le choix, soit rester dans la rue, soit aider à construire la nouvelle Jordanie démocratique », déclarait le roi Abdallah II mi-septembre. Le 5 octobre, les Frères, principale formation d’opposition, lui ont répondu en défilant par milliers dans les rues de la capitale, Amman. « Nous réclamons une véritable réforme constitutionnelle qui donnerait du pouvoir au peuple », a tempêté Hammam Saïd, le leader des Frères jordaniens.

L’annonce par le roi, la veille de la manifestation, de la dissolution du Parlement et de la tenue d’élections d’ici à début 2013 [fixées depuis au 23 janvier, NDLR] n’a pas brisé l’élan des contestataires : les Frères ont déclaré qu’ils boycotteraient le scrutin. Une dissolution pourtant exigée à grands cris par l’opposition début 2011. Mais la nouvelle loi électorale est maintenant jugée trop favorable aux partisans du Palais. La création d’un Conseil constitutionnel et la nomination d’un nouveau Premier ministre, Abdoullah Ensour, parlementaire expérimenté favorable à la réforme, au lendemain de leur démonstration de force n’ont en rien entamé l’intransigeance des islamistes.

Méfiance à Riyad

Si le bras de fer avec le pouvoir royal ne date pas d’hier, les manifestations de l’opposition – notamment islamiste – se sont multipliées depuis le début des contestations arabes il y a plus d’un an et demi. Les victoires électorales des formations religieuses, d’Égypte au Maroc, ont enhardi les Frères jordaniens, dont les charges contre la monarchie sont accentuées par l’ébranlement social et économique dû au conflit syrien voisin. Le roi lâchera-t-il du lest ?

Soumis à la pression de son opposition, il est également surveillé par son puissant voisin, le roi d’Arabie saoudite, très méfiant vis-à-vis de la confrérie islamiste, surtout depuis qu’elle a pris le train des révolutions et s’est intégrée au jeu démocratique. La déclaration du ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, le 8 octobre, est ainsi entendue comme un avertissement contre les ambitions régionales de la confrérie : « L’idéologie des Frères musulmans ne reconnaît pas l’État national ni la souveraineté des États, c’est pourquoi il n’est pas étrange que l’organisation mondiale des Frères oeuvre à saper la souveraineté des États et leurs lois. »

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