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Des enfants sahraouis brandissent des drapeaux du Polisario, dans un camp de réfugiés près de la frontière algérienne. Photo d’archive datant de 1977. © Photo by AFP

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[Série] Sahara occidental : la face cachée du Polisario

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Sahara occidental : « Pourquoi j’ai rompu avec le Polisario »

Hadj Ahmed Barikallah a longtemps représenté la RASD auprès de pays amis. Constatant que la situation des Sahraouis ne s’améliorait en rien, il a rompu avec le Polisario et lancé son propre mouvement. Troisième volet de notre série.

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Mis à jour le 1 décembre 2022 à 16:50

Hadj Ahmed Barikallah.

Longtemps fervent partisan du Front Polisario, Hadj Ahmed Barikallah a été ambassadeur et ministre de la RASD mais, durant la décennie 2000, il est de plus en plus rongé par le doute. Ce combat mène-t-il quelque part ? Les populations sahraouies profitent-elles de l’aide apportée par les pays amis ? N’est-il pas temps de songer à négocier avec Rabat ? Des interrogations qui l’amèneront finalement à rompre avec le mouvement au sein duquel il avait milité durant toute sa vie. Troisième et dernier épisode de notre série.

LA FACE CACHÉE DU POLISARIO (3/3) – « Je mobilisais beaucoup d’argent, des millions de dollars. En tant que ministre, j’étais chargé de la coopération décentralisée, c’est-à-dire de récupérer toutes les aides destinées au Polisario qui provenaient non pas du gouvernement central, mais des municipalités, des régions, des ONG, des centrales syndicales, des organisations humanitaires de pays comme l’Espagne, la Norvège, la Suède, l’Afrique du Sud, l’Italie… Cela représentait des sommes importantes : en Espagne, par exemple, la coopération décentralisée peut atteindre 40 millions de dollars par an », nous confie Hadj Ahmed Barikallah.

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Et de poursuivre : « C’est ce qui m’a poussé à présenter ma démission au bout de six mois, le 5 mai 2012, car je ne pouvais pas accepter de voir les réfugiés dans les camps souffrir pendant que les aides bénéficiaient surtout aux hauts cadres du Polisario, qui se servaient au passage pour financer leur train de vie et celui de leur famille, qu’ils envoient vivre en Europe, où ils achètent des maisons pendant que le peuple endure des conditions de vie et sanitaires totalement indignes. Et le pire, c’est que je devais rédiger des rapports le plus souvent faussés pour les ONG et autres donateurs pour justifier l’utilisation des aides. Bien sûr, j’en avais fait part à Mohamed Abdelaziz, mais sans résultat. »

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