Économie

RDC : pourquoi Shoprite a décidé de fermer boutique

Dix ans après son installation à Kinshasa et à Lubumbashi, la chaîne sud-africaine de supermarchés a décidé de jeter l’éponge, invoquant une stratégie de recentrage.

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Mis à jour le 24 novembre 2022 à 19:00

Supermarché Shoprite à Kinshasa. © Junior Didi Kannah pour JA

Son projet initial dans le pays était, à l’instar de son projet d’expansion continentale démarré en 2017, très ambitieux. Pourtant, depuis 2012 et son arrivée en RDC, la chaîne de supermarchés Shoprite n’aura implanté, en tout et pour tout, que trois magasins : deux à Kinshasa et un à Lubumbashi.

Dans un communiqué du 21 novembre, Shoprite RDC a annoncé l’arrêt de ses activités dans le pays afin que le groupe se concentre « davantage sur ses activités en Afrique du Sud ». Du côté de la société mère, Shoprite Holdings, contactée par Jeune Afrique, on invoque des considérations stratégiques : « conformément à l’évaluation continue des activités du groupe Shoprite, au processus de révision et à la stratégie à long terme, les opérations en République démocratique du Congo sont abandonnées ».

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Sans préciser la date d’effet de ce repli stratégique, le groupe ne manque pas de distribuer ses remerciements au « gouvernement, [aux] institutions, [aux] clients, [aux] fournisseurs et [à] tous les collaborateurs pour le soutien pendant toutes ses années où le groupe a fait des affaires en RDC ». Selon nos informations, l’activité congolaise du distributeur sud-africain représenterait entre 14 et 25 millions de dollars (entre 13,5 et 24 millions d’euros) chaque année.

Santé économique fragile

Le départ de Shoprite de RDC suit de près ceux annoncés à Madagascar et en Ouganda, qui, après la sortie-éclair du Kenya – deux ans seulement après avoir pénétré le marché –, participent de la « poursuite de la consolidation opérationnelle » du groupe, explique Shoprite Holdings, dirigé depuis 2017 par Pieter Engelbrecht. Il témoigne également des difficultés de l’enseigne à s’implanter durablement dans son pays « test d’Afrique francophone ».