Politique

« Covidgate » au Cameroun : un scandale toujours sans coupables

Un an après la révélation de malversations d’un montant de 180 milliards de francs CFA, aucun des responsables soupçonnés n’est poursuivi. Les puissants sont-ils immunisés ? Perturbée par des interférences politiques, la justice tarde en tout cas à passer.

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Mis à jour le 23 novembre 2022 à 08:18

En octobre, Paul Biya a ordonné la suspension du mandat d’amener émis contre le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. © Maboup

Un Premier ministre auditionné, plusieurs membres du gouvernement cuisinés par les enquêteurs du Tribunal criminel spécial (TCS), des hommes d’affaires en vue soupçonnés d’avoir bénéficié de la commande publique entendus sur procès-verbal… Le scandale s’annonçait retentissant. La justice, pensait-on, à qui la Cour des comptes avait mâché le travail en pointant irrégularités et malversations dans la gestion des fonds alloués à la lutte contre le Covid-19, allait être implacable. Mais nous sommes au Cameroun : les mois passent et rien ne se passe.

La procédure a certes connu quelques coups de théâtre qui ont passionné Yaoundé, comme lorsque le parquet du TCS a eu l’outrecuidance de délivrer un mandat d’amener contre le tout-puissant secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. Ce dernier allait-il se présenter devant les juges, le 18 octobre, ainsi qu’il était sommé de le faire ? Et dans le cas contraire, des policiers allaient-ils se présenter à son bureau ou à son domicile pour l’arrêter ? Ce qui paraissait peu probable n’arriva pas. La séquence, en revanche, est symptomatique des difficultés rencontrées depuis le début de l’affaire.

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