Politique

Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra désigne Jean-Pierre Waboé nouveau président de la Cour constitutionnelle

Plus proche du chef de l’État que Danièle Darlan, mise à l’écart, le vice-président de l’institution assurait l’intérim après le départ de sa prédécesseure. L’opposition accuse le président de « coup d’État institutionnel ».

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Mis à jour le 21 novembre 2022 à 10:29

Le président de Centrafrique Faustin-Archange Touadéra cherche à modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat à la tête du pays. © FLORENT VERGNES / AFP.

Le chef de l’État centrafricain Faustin-Archange Touadéra (FAT) a nommé par décret Jean-Pierre Waboé comme nouveau président de la Cour constitutionnelle en remplacement de Danièle Darlan, mise à la retraite le 25 octobre après des décisions invalidant plusieurs de ses décrets et projets de lois, en particulier les décrets présidentiels mettant en place un comité chargé de rédiger une nouvelle loi fondamentale.

Dans un décret daté du 21 novembre, Touadéra « entérine l’élection » par les juges de la Cour de Waboé, qui était jusqu’alors vice-président, à la tête de l’institution. Plus proche de FAT, celui-ci exerçait déjà la fonction par intérim depuis la mise à l’écart de Darlan, qui était régulièrement très violemment attaquée verbalement, voire menacée, sur les réseaux sociaux par le camp des pro-Touadéra et dans les manifestations pro-pouvoir.

« Coup d’État institutionnel »

L’opposition accuse notamment le président de « coup d’État institutionnel » après le départ forcé de Danièle Darlan, qu’elle ainsi que des juristes estiment « inconstitutionnelle » parce que, selon eux, l’actuelle Constitution « consacre l’inamovibilité des juges de la cour suprême » et leur indépendance de l’exécutif. Avec une partie de la société civile, l’opposition soupçonne Touadéra de vouloir modifier l’actuelle Constitution qui lui interdit plus de deux mandats, afin de se maintenir au pouvoir à la prochaine présidentielle en 2025.

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Le président avait été réélu pour cinq ans au mois de décembre 2020 avec 53,16 % des voix dans un scrutin très contesté par l’opposition. La Centrafrique était alors occupée aux deux tiers par des groupes armés et théâtre d’une vaste offensive rebelle. Depuis, après avoir appelé à la rescousse Moscou qui a dépêché des centaines de mercenaires de la société privée de sécurité Wagner, le pouvoir a repoussé les groupes armés d’une très grande partie des territoires qu’ils contrôlaient.

(avec AFP)