Économie

Angola : Isabel dos Santos sous le coup d’un mandat d’arrêt international

Interpol a émis le 18 novembre un mandat d’arrêt contre la fille de l’ancien président angolais, décédé en juillet. Une information démentie par les avocats d’Isabel dos Santos.

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Mis à jour le 19 novembre 2022 à 13:56

La femme d’affaires angolaise Isabel dos Santos, à Maia, dans le nord du Portugal, le 5 février 2018. © MIGUEL RIOPA/AFP

L’Organisation internationale de police criminelle, Interpol, a émis le 18 novembre un mandat d’arrêt international à l’encontre de la milliardaire angolaise et fille de l’ancien président José Eduardo dos Santos, décédé en juillet, selon l’agence de presse portugaise Lusa.

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D’après la même source, citant un document officiel, le mandat d’Interpol a été délivré après que le parquet angolais a demandé à l’agence de « localiser, arrêter » et extrader dos Santos.

Détournements de fonds publics

Interpol et le ministère public n’ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires de Reuters. Lusa, citant le même document, a déclaré qu’Isabel dos Santos, 49 ans, était recherchée pour divers délits, dont des détournements de fonds présumés, fraude, trafic d’influence et blanchiment d’argent.

Elle fait l’objet d’accusations de corruption depuis des années, notamment des allégations en 2020 de l’Angola, selon lesquelles elle et son mari Sindika Dokolo, décédé en octobre 2020, auraient détourné près d’un milliard de dollars de fonds publics auprès de sociétés dans lesquelles ils avaient acquis des participations sous la présidence de son père, notamment le géant pétrolier Sonangol.

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Isabel dos Santos, qui a nié à plusieurs reprises tout acte répréhensible, a aussitôt démenti l’existence d’un mandat d’arrêt à son encontre. « Les avocats d’Isabel dos Santos ont consulté la base de données d’Interpol et constaté qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle, une quelconque référence à l’émission d’un mandat », a-t-elle fait savoir via un communiqué.

Si des procédures judiciaires contre elle et contre des sociétés dans lesquelles elle a des intérêts sont ouvertes au Portugal et en Angola depuis près de trois ans, celles-ci n’ont pas donné lieu jusqu’ici à une mise en examen, a ajouté la femme d’affaires, affirmant avoir toujours été disponible vis-à-vis des autorités pour apporter les éclaircissements nécessaires.

40 ans au pouvoir

Selon les informations de l’agence Lusa, le mandat d’arrêt mentionne que la femme d’affaires se trouve souvent au Portugal, au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis.

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Son père, José Eduardo dos Santos, est décédé en juillet dernier et a dirigé l’Angola pendant près de quatre décennies, jusqu’en 2017. Son successeur, João Lourenço, réélu en août pour un second mandat, a lancé une série de réformes promettant notamment de mettre fin à la corruption et au détournement de fonds publics.

(Avec Reuters)