Politique

Ismaïl Omar Guelleh ou le sens de l’équilibre, par François Soudan

Cerné par la guerre civile en Éthiopie et au Yémen, par une Somalie en proie à ses démons intérieurs et une Érythrée irrémédiablement hostile, Djibouti apparaît comme un îlot de stabilité. Et Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis plus de vingt-trois ans, comme le garant de cette paix.

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Mis à jour le 4 décembre 2022 à 11:04
François Soudan

Par François Soudan

Directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh (d.) reçu à Addis-Abeba par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, le 28 mars 2022. © EDUARDO SOTERAS/AFP

ÉDITORIAL – S’il est un bénéfice difficilement contestable que Djibouti retire du long règne d’Ismaïl Omar Guelleh (IOG), c’est de ne plus être un pays défini par les frontières de ses voisins. Cette République jugée improbable le jour de son indépendance, il y a quarante-cinq ans, a acquis une identité propre, une viabilité économique de plus en plus évidente et une singularité respectée, toutes choses qui ne s’acquièrent qu’avec le temps.

Mais cette patiente construction de la souveraineté djiboutienne ne signifie pas pour autant que son million de citoyens soit à l’abri des convulsions régionales. Quand on est entouré de deux pays meurtris par une guerre civile – l’Éthiopie et la Somalie –, d’un troisième franchement hostile – l’Érythrée –, et que l’on fait face à un quatrième plongé en plein désastre humanitaire – le Yémen –, mieux vaut ne dormir que d’un œil.

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