Économie

Côte d’Ivoire, Sénégal, Kenya… Comment nourrir les populations urbaines

Agriculture intra-muros, réhabilitation de marchés, investissement dans les transports… Il faudra une action concertée et multiforme pour subvenir à l’alimentation des 760 millions de citadins que comptera l’Afrique en 2030.

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Mis à jour le 22 novembre 2022 à 10:32

Marché d’Adjamé, le plus grand d’Abidjan, en juillet 2020. © Issouf SANOGO/AFP

Un marché de 1 000 milliards de dollars : c’est ce que devrait représenter l’économie alimentaire – l’ensemble des activités permettant aux individus de se nourrir – en Afrique à la fin de la décennie selon la Banque mondiale. Vivier de création de richesses et d’emplois, ce secteur, qui génère 35 % du PIB en Afrique de l’Ouest d’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), joue avant tout un rôle crucial sur le plan de la sécurité et de la souveraineté alimentaires.

Ces dernières années, la croissance démographique et l’urbanisation rapide du continent ont fait des villes les principaux centres de consommation… et lieux de tensions en raison des difficultés d’approvisionnement et des prix élevés qui en découlent. Si nourrir les villes (qui comptaient 472 millions d’habitants en 2015 selon les Nations unies) est un défi, ce le sera encore davantage à l’horizon 2030, quand le continent comptera quelque 760 millions de citadins, contre environ 600 millions aujourd’hui. Comment le relever ? Éléments de réponse.

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La question de la gestion alimentaire des villes refait aujourd’hui surface alors que des menaces pèsent à la fois sur l’offre et sur la demande de biens alimentaires. Côté offre, la guerre en Ukraine induit des complications au niveau des exportations de céréales dont plusieurs pays (Égypte, Algérie, Maroc, Nigeria, entre autres) sont dépendants, alors que les sécheresses à répétition réduisent les récoltes locales, en particulier dans l’est (victime en outre d’invasions de criquets) et l’ouest du continent.

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