Politique

Afrique du Sud : on a zappé Zumaville

Mis à jour le 13 novembre 2012 à 16:40

En Afrique du Sud, Jacob Zuma est la cible d’une violente polémique. Au coeur du scandale : la résidence privée du chef de l’État dont les améliorations sont financées par les contribuables.

La gigantesque résidence privée du président Jacob Zuma dans son village natal de Nkandla (est du pays) est en passe de devenir un symbole de la corruption des élites sud-africaines. En cause, l’ajout à ce complexe d’un héliport, de clôtures, de souterrains et d’une clinique. L’opération devrait coûter quelque 238 millions de rands (21,5 millions d’euros)… payés à 95 % par l’État, selon la presse sud-africaine.

Pretoria a affirmé que des raisons de sécurité justifiaient ces travaux, sans parvenir à faire retomber la polémique, alors que Zuma briguera un second mandat en décembre. Pis, le patron de la télévision publique a ordonné à ses journalistes, dans un courrier divulgué le 7 novembre, de ne plus désigner la propriété présidentielle dans les mêmes termes que leurs confrères de la presse écrite : les mots « domaine », « Zumaville » et « Nkandlagate » sont désormais bannis de l’antenne. Ce dernier néologisme fait, il est vrai, référence au scandale du Watergate, qui avait acculé le président américain Richard Nixon à la démission.