Politique

RDC : Vidiye Tshimanga face à ses juges

Deux mois après avoir été contraint à la démission, l’ancien conseiller spécial de Félix Tshisekedi a comparu ce lundi 14 novembre. Piégé par de faux investisseurs, il est accusé de « corruption passive », de « trafic d’influence » et d’« offense au chef de l’État ».

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Mis à jour le 15 novembre 2022 à 12:54

Capture d’écran de la vidéo diffusée par le journal « Le Temps », et mettant en cause Vidiye Tshimanga. © YouTube/ « Le Temps »

Ancien conseiller spécial du président Félix Tshisekedi pour les questions stratégiques, Vidiye Tshimanga, 46 ans, est poursuivi pour « corruption passive », « trafic d’influence » et « offense au chef de l’État », selon l’acte d’accusation.

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Dans la tourmente depuis la publication, le 15 septembre, par le journal suisse Le Temps, de vidéos qui le montrent en train de négocier de l’argent auprès de pseudo-investisseurs dans le secteur minier, Vidiye Tshimanga a comparu en personne, assisté de huit avocats, lors de la première audience devant le tribunal de paix de Kinshasa-Gombe.

« Sans plainte, ni victime »

À l’ouverture du procès, la défense a souligné des exceptions de procédure, dont « l’inconstitutionnalité » de « l’offense au chef de l’État » et « l’incompétence territoriale » du tribunal à juger des actes qui, selon elle, se sont passés en dehors de la RDC. « Sans plainte, ni dénonciation », « sans victime », Vidiye Tshimanga a été déféré devant le tribunal pour « des faits prétendument commis à l’extérieur du territoire », a déclaré Me Arthur Bomana, président du collectif des avocats de l’accusé. L’ex-conseiller est victime d’un « acharnement » du parquet, a insisté sa défense, qui a appelé le tribunal à se déclarer incompétent.

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Le procureur, lui, a soutenu que les faits de corruption avaient été commis par vidéoconférence alors que Vidiye Tshimanga se trouvait bel et bien sur le territoire national. « La victime, c’est l’État congolais, c’est la société congolaise. [Avec cette affaire], tous les Congolais ont vu le népotisme au sommet de l’État », a réagi Raymond Kalonda. Dans la vidéo, l’ex-conseiller insiste sur sa proximité avec Félix Tshisekedi, indiquant notamment avoir participé au financement de sa campagne électorale en 2018.

Au terme des débats, l’affaire a été mise en délibéré. Le tribunal a prévu de rendre sa décision dans les dix jours à venir.

(Avec AFP)