Politique

Libye : fortes tensions entre le Haut Conseil d’État et Abdelhamid Dbeibah

L’instance faisant office de Sénat accuse le Premier ministre d’avoir empêché la tenue d’une réunion visant à organiser des élections, dont la tenue est reportée depuis près d’un an.

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Mis à jour le 15 novembre 2022 à 14:08

Le Premier ministre de Libye, soutenu par le camp de l’Ouest, Abdelhamid Dbeibah, à Tripoli, le 3 juillet 2022. © Mahmud Turkia / AFP.

Le Haut Conseil d’État libyen (HCE), instance faisant office de Sénat, a accusé le 14 novembre le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah de l’empêcher de se réunir, suscitant des tensions entre dirigeants du camp de l’Ouest.

Selon des images diffusées par les médias locaux et sur les réseaux sociaux, des véhicules blindés d’une force armée sous l’autorité du gouvernement dirigé par Dbeibah ont bloqué l’entrée d’une salle de conférence près d’un grand hôtel de la capitale, interdisant l’accès aux membres du HCE.

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Ayant annoncé son intention de porter la question devant la justice, Khaled el-Mechri, président du HCE, a saisi le Procureur général auquel il a remis en main propre une plainte contre le chef du gouvernement.

Organisation des élections

La Libye est plongée dans une crise politique majeure depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, minée par des divisions entre l’Est et l’Ouest du pays. Deux gouvernements se disputent le pouvoir, l’un installé à Tripoli (Ouest) et reconnu par l’ONU, l’autre soutenu par le Parlement et le camp du maréchal Khalfia Haftar à l’Est.

« Nous étions censés voter aujourd’hui sur l’ensemble des articles du cadre constitutionnel » qui doit ouvrir la voie à la tenue des élections, qui étaient prévues au mois de décembre 2021 avant d’être reportées sine die, a déploré Khaled el-Mechri, dans un enregistrement diffusé sur Facebook. La réunion devait également évoquer « l’unification du pouvoir exécutif », donc le sort du gouvernement de Dbeibah.

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« Aucun hôtel n’a accepté de nous louer une salle de conférence », a dit el-Mechri, accusant le Premier ministre et son entourage d’être derrière ce refus. Selon lui, c’est « la première fois depuis la révolution du 17 février (2011) qu’un chef de gouvernement veuille empêcher une institution souveraine de faire son travail ».

Appel au dialogue des États-Unis

À la suite de cette brouille, l’ambassade des États-Unis a appelé les dirigeants libyens à « résoudre leurs différends politiques par le dialogue et le compromis » pour parvenir à des élections « crédibles, transparentes et inclusives ».

La « menace » de recourir à la force est « déstabilisante, sape les efforts de d’unité nationale » et ne peut « résoudre durablement » les divergences politiques, a-t-elle écrit sur Twitter.

(Avec AFP)