Politique

Sénégal : qui Pape Alé Niang menace-t-il ?

Accusé d’avoir porté atteinte à la sécurité nationale, le journaliste a été placé sous mandat de dépôt le 9 novembre. Il risque jusqu’à cinq ans de prison.

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Par - à Dakar
Mis à jour le 15 novembre 2022 à 16:24

L’éditorialiste, qui délivrait depuis des années (en wolof) des vidéos critiques à l’égard du pouvoir sénégalais, avait été placé en garde à vue le 6 novembre. © DR

Un édito commun à la majorité des quotidiens nationaux. Ce lundi, les principaux titres de presse sénégalais ont affiché sur leur une le même avertissement face au risque « d’instrumentalisation de la justice » en réaction à l’incarcération de leur confrère, Pape Alé Niang, le 9 novembre dernier. L’arrestation du directeur de publication du site Dakar Matin est « d’une gravité exceptionnelle pour l’avenir de la presse, des journalistes et du droit à l’information », dénoncent les auteurs du texte, accusant le pouvoir de vouloir, au mieux, provoquer une vague d’autocensure dans les médias, voire de chercher, au pire, à « neutraliser » les journalistes d’investigation critiques à son égard.

Délit de presse

Les médias ont surtout rappelé à Macky Sall qu’il s’était engagé à dépénaliser les délits de presse. Dans un entretien accordé à la chaîne française ITélé (devenue CNews) en octobre 2015, le chef de l’État s’exprimait en ces termes : « Vous ne verrez jamais, sous ma gouvernance, un journaliste mis en prison pour un délit de presse. Le délit de presse n’est pas dépénalisé, mais les journalistes n’ont aucun risque au Sénégal, je le dis clairement et je ne serai pas démenti. »

Aujourd’hui, le président est pris en « flagrant délit de violation de ses propres engagements », soulignent les associations de journalistes.

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