Économie

Crédits carbone : que vaut vraiment le nouveau système dévoilé par John Kerry ?

L’envoyé américain pour le climat a annoncé un système de marché élargi de crédits carbone. Une fois encore, le concept n’est pas nouveau et pourrait marcher, si et seulement si, un certain nombre de conditions sont remplies. Explications d’experts.

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Mis à jour le 14 novembre 2022 à 16:00

L’envoyé spécial du président des États-Unis pour le climat, John Kerry, à la COP27 de Charm el-Cheikh, le 11 novembre 2022. © Getty Images via AFP

Il porte le doux nom d’Accélérateur de transition énergétique (ETA en anglais) et devrait être « opérationnel » d’ici un an. Le programme officiellement annoncé par l’envoyé américain pour le climat à la COP27, John Kerry devrait impliquer le gouvernement américain, le Bezos Earth Fund et la Fondation Rockefeller, ainsi que le soutien éventuel d’autres acteurs, dont Bank of America, Microsoft, Standard Chartered Bank et PepsiCo.

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L’objectif de ce nouveau dispositif est le financement des énergies renouvelables pour accélérer la transition dans les pays en développement où les fonds sont difficiles à mobiliser. Après les élections de mi-mandat qui mettent l’administration Biden dans une position fragile, John Kerry a particulièrement insisté sur l’établissement de partenariats avec le secteur privé afin de s’assurer que l’accord puisse porter ses fruits, même sans le soutien du Congrès.

Actuellement, le système de crédits carbone qui prévaut est basé sur le modèle de « plafonnement et échange » utilisé dans les années 1990 par le Fonds américain de défense de l’environnement (EDF en anglais) pour réduire la pollution au dioxyde de soufre (pluies acides). Il est perçu comme un moyen très efficace pour résoudre le problème par le biais des marchés du carbone.

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Il s’agit de transformer les émissions de CO2 en marchandise, en leur accordant un prix. Les entreprises, ou les pays, se voient attribuer un certain nombre de crédits et peuvent les échanger pour contribuer à équilibrer les émissions mondiales : un crédit représente l’équivalent en gaz à effet de serre d’une tonne (0,91 tonne métrique) d’émissions de CO2.

Responsabilité

Grâce à l’accélérateur de transition énergétique annoncé par John Kerry, les entités qui luttent contre le changement climatique par le biais de certains projets comme les fermes solaires se voient attribuer un crédit. Les entreprises polluantes peuvent ensuite acheter ces crédits pour compenser les émissions qu’elles produisent.