Politique

Côte d’Ivoire : la stratégie antiterroriste dans le Nord à l’heure des comptes

En misant, en plus de la réponse militaire, sur des projets en faveur de la jeunesse, le gouvernement espère endiguer la menace jihadiste. Le ministre Mamadou Touré s’apprête à se rendre sur le terrain pour évaluer l’avancée de cette initiative.

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Mis à jour le 9 novembre 2022 à 14:55

Un soldat ivoirien lors de la visite du Premier ministre Patrick Achi dans le nord, près de la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, en janvier 2022. © Sia KAMBOU / AFP

Au mois de janvier 2022, le Premier ministre Patrick Achi avait lancé officiellement le « programme spécial d’insertion des jeunes des régions frontalières des pays en proie au terrorisme » lors d’une tournée dans le nord de la Côte d’Ivoire. Et ce, afin d’éviter que ces derniers ne rallient les groupes jihadistes dans ces zones où le sentiment d’abandon de l’État est présent.

Initialement doté d’une enveloppe de 2 milliards de F CFA (3,05 millions d’euros), le budget a été revu à la hausse, de même que le nombre de bénéficiaires. À la fin de 2022, 22 912 jeunes auront été intégrés au projet, désormais doté de 9,602 milliards de F CFA, déjà mobilisés en grande partie par l’État. À terme, en 2024, ils seront 65 613 et l’enveloppe aura été réévaluée à 33,3 milliards de F CFA.

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Du 10 au 13 novembre, une mission conduite par Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, qui pilote le programme, se rendra dans les régions du Tchologo, de la Bagoué et du Poro, afin d’évaluer l’avancée de la mise en œuvre des dispositifs. Il sera accompagné par les représentants en Côte d’Ivoire de l’Agence française de développement (AFD), de la Banque mondiale (BM), du Bureau international du travail (BIT), du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), etc., qui sont parties prenantes du programme ou qui financent déjà des projets dans le Nord.

Menace sérieuse