Politique

M23 en RDC – Patrick Muyaya : « Le comportement du Rwanda n’est en rien différent de celui de la Russie »

Le ministre congolais de la Communication précise la position de Kinshasa dans la nouvelle crise avec le Rwanda. Et revient notamment sur l’appel de Félix Tshisekedi à la mobilisation de la jeunesse et à l’enrôlement dans l’armée pour combattre le M23.

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Mis à jour le 4 novembre 2022 à 16:24

Patrick Muyaya, ministre congolais de la Communication et des Médias, à Kinshasa, le 10 mai 2021. © Arsène Mpiana pour JA

« La guerre qui nous est imposée […] exige des sacrifices ». Debout derrière son pupitre officiel, le 3 novembre, Félix Tshisekedi, l’air grave, a lancé un appel à la « mobilisation générale » pour faire face aux rebelles du M23, que Kinshasa qualifie de mouvement terroriste soutenu par le Rwanda.

Kigali continue de contester le rôle qui lui est attribué dans cette crise. Mais alors que les combats se sont intensifiés depuis le 20 octobre, menant à la perte, par l’armée congolaise, de localités comme celles de Kiwanja et de Rutshuru-centre, la tension est aussi montée sur le front diplomatique. Vincent Karega, ambassadeur du Rwanda en RDC a été expulsé le 31 octobre.

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En coulisse, plusieurs initiatives diplomatiques ont eu lieu pour tenter d’apaiser la situation. Sur le front militaire, la force régionale conjointe, dont le déploiement se fait attendre depuis des mois et qui suscite encore plusieurs interrogations, a également trouvé un second souffle avec l’annonce de l’arrivée prochaine de troupes kényanes.

Dans ce contexte tendu, Patrick Muyaya, le ministre congolais de la Communication, a accepté de répondre à Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Dans son allocution du 3 novembre, Félix Tshisekedi a lancé un appel à la mobilisation de la jeunesse et à son enrôlement dans l’armée. La RDC est-elle en train de changer d’approche dans ce conflit ?

Patrick Muyaya : Nous n’avons pas d’autre choix. Quand, pendant plus de trois ans, vous faites tous les efforts nécessaires sur le plan diplomatique pour mettre fin à des décennies de violence mais que les choses ne changent pas, il faut admettre que l’on doit changer d’approche.

Le président a clarifié les choses, il a dit que l’on faisait le choix de la diplomatie et pas de la guerre. En réalité, nous sommes déjà dans un état de guerre mais c’est une situation imposée par d’autres.

Si nous sommes allés à Nairobi [en mai], c’est parce qu’il était nécessaire d’entamer un processus politique afin d’essayer d’engager un dialogue avec les groupes armés, dont le M23, et de régler le problème de l’insécurité de manière définitive.

Cela avait été accepté par tout le monde jusqu’à ce que le M23, soutenu par le Rwanda, perturbe les choses. Il est évident que le Rwanda n’a pas intérêt à ce que la RDC soit en paix, car la guerre lui permet de poursuivre son pillage.

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Dans son discours Félix Tshisekedi a appelé la jeunesse à se constituer en groupes de vigilance. En quoi cela consiste-t-il ?