Politique

USFP-Driss Lachgar : « Je veux refaire de l’USFP un parti populaire »

Driss Lachgar 58 ans, avocat, est un pur produit ittihadi.

Par - Souleïman Bencheikh
Mis à jour le 16 décembre 2012 à 21:40

Jeune Afrique : Quelles sont les grandes lignes de votre projet ?

Driss Lachgar : Je me suis fixé quatre grands objectifs : la résurgence du projet social-démocrate après la redéfinition, à l’échelle internationale, des enjeux du socialisme par-delà le simple clivage droite-gauche à travers ce qu’on appelle la troisième voie. Le deuxième objectif sera de porter les couleurs du pluralisme, qu’il soit politique, social, culturel, linguistique, conformément aux principes inscrits dans la Constitution. Ensuite, je compte donner au parti une visibilité et une vigueur qu’il a quelque peu perdues, notamment en rompant avec la langue de bois et avec la forme trop diplomatique du discours actuel. Enfin, je veux refaire de l’USFP un parti populaire, un vrai parti de masse, dynamique et combatif.

Quel est votre diagnostic sur l’état actuel du parti ?

Alors que nous avons longtemps été en pointe dans la revendication démocratique pour les libertés publiques et d’expression, force est de constater que nous sommes aujourd’hui à la traîne. Notre parti doit reconstruire sa base électorale. Notre but ne sera plus d’être une simple opposition parlementaire mais de proposer un vrai projet de société alternatif. Pour cela, il faut que le prochain premier secrétaire envisage son action sur le long terme, qu’il ait du souffle.

La place de l’USFP est-elle dans l’opposition ?

En cas d’échec avéré et reconnu du gouvernement ou d’élections législatives anticipées, nous en rediscuterons… Pour l’instant, notre mission est de mener une opposition plus active, plus visible.

Dans une interview accordée à J.A. (no 2702), Hamid Chabat, fraîchement élu à la tête de l’Istiqlal, semblait vous soutenir. Comment réagissez-vous ?

Hamid Chabat a démenti me soutenir. Et puis de toute façon, l’USFP est le seul parti qui, historiquement, ne se fait jamais dicter qui en sera le chef. Chez nous, il n’y a pas d’intervention extérieure, seuls les militants ont voix au chapitre.

Quel jugement portez-vous sur le gouvernement Benkirane ?

Je suis convaincu que, sous ce gouvernement, le pays a déjà connu plusieurs reculs. La femme marocaine a par exemple vu sa condition se dégrader ; la communication du gouvernement a également été déplorable, même sur le plan des valeurs ; ce gouvernement n’est même pas encore parvenu à fixer le calendrier des prochaines élections locales.

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 Propos recueillis par Souleïman Bencheikh