Politique

Mali : l’armée accusée d’avoir tué 13 civils

Des témoins locaux affirment que des soldats et des « militaires blancs » ont tué au moins 13 civils le dimanche 30 octobre dans le centre du pays, incriminations réfutées par une source militaire malienne.

Par
Mis à jour le 1 novembre 2022 à 12:29

Cette photographie non datée remise par l’armée française montre trois mercenaires russes, à droite, dans le nord du Mali. © French Army via AP

Au moins 13 civils ont été tués ce dimanche dans le centre du Mali par des soldats et des « militaires blancs », ont affirmé le lundi 31 octobre des élus locaux et un responsable d’une association communautaire. Une information démentie par une source militaire malienne.

À Lire Wagner au Mali : enquête exclusive sur les mercenaires de Poutine

La France, les Occidentaux et les États-Unis accusent la junte malienne de s’être adjoint les services de la société de sécurité russe Wagner. Les autorités maliennes démentent et parlent de coopération avec l’armée russe au nom d’une relation ancienne d’État à État.

« Les mercenaires de Wagner »

« Dimanche, à Guelledjé, dans le cercle de Tenenkou [centre], les militaires maliens sont venus en force avec des militaires blancs. Il y a eu des coups de feu et des arrestations. On a compté au moins 13 morts », a déclaré un élu local souhaitant garder l’anonymat. L’information a été confirmée par un autre élu local, également sous couvert de l’anonymat, qui a précisé que parmi les personnes tuées, « il y a une femme, sa fille et sa petite fille ».

Tous les Peuls ne sont pas des jihadistes

Un habitant de Guelledjé a de son côté indiqué que le village a été « attaqué » parce que « l’armée et les militaires blancs de Wagner considèrent que c’est une localité de jihadistes ».

À Lire Mali : l’armée et Wagner accusés d’avoir commis un « massacre » à Moura

Un responsable de l’association Tabital Pulaaku, qui œuvre pour la promotion de la culture peule, a affirmé que ce sont « plus de 20 civils qui ont été tués et arrêtés dimanche à Guelledjé », des membres de la communauté peule selon lui . « On fait trop d’amalgames. Tous les Peuls ne sont pas des jihadistes. Ceux qui ont été tués sont des civils innocents », a-t-il ajouté.

Ces informations ont été réfutées par une source militaire malienne : « Nous rejetons catégoriquement ces accusations. »

Inverser la tendance sécuritaire ?

La sous-secrétaire d’État américaine Victoria Nuland, de retour du Sahel, a déclaré le 26 octobre que la sécurité s’était considérablement détériorée au Mali depuis que la junte a fait appel, selon les États-Unis et leurs alliés, aux mercenaires de Wagner en 2021. Les militaires au pouvoir se sont détournés depuis un an de l’allié français et de ses partenaires, et tournés vers la Russie.

À Lire Burkina – Mali : face à la Russie, les États-Unis en opération reconquête

Le gouvernement affirme avoir inversé la tendance sécuritaire et avoir mis en débandade les groupes jihadistes. L’armée malienne a été accusée d’exactions par la mission de l’ONU déployée dans le pays. Les autorités assurent au contraire veiller au respect des droits humains et diligenter des enquêtes s’il y a lieu, mais les résultats de celles-ci ne sont presque jamais rendus publics.

(avec AFP)