Politique

Mali : le JNIM et les combattants touaregs, côte à côte face à l’EIGS ?

Dans la région de Ménaka, les affrontements se poursuivent entre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) d’Iyad Ag Ghali et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS). Le premier a reçu le soutien de plusieurs groupes armés touaregs, signataires des accords d’Alger.

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Mis à jour le 1 novembre 2022 à 15:34

Des militants du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) dans la région de Ménaka, le 14 mars 2020. © Souleymane Ag Anara/AFP

On l’annonçait comme le théâtre du prochain grand affrontement entre les deux nébuleuses jihadistes. Ces derniers jours, la région de Ménaka, qui vit au rythme d’une sanglante offensive de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) depuis le mois de mars, a été marquée par de nouveaux combats entre les deux groupes armés terroristes.

Alors que l’EIGS, branche sahélienne de l’État islamique, n’a cessé de gagner du terrain dans cette région du nord-est du Mali, faisant de très nombreuses victimes parmi les populations civiles mais aussi dans les rangs des groupes armés signataires des accords d’Alger présents dans la zone, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, son acronyme arabe) a revendiqué plusieurs victoires dans des localités jusqu’ici tenues par leurs adversaires.

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« Les villages sont désertés, les civils sont massacrés, ceux qui ne sont pas encore morts ont fui, ou se préparent à fuir », raconte sous couvert d’anonymat un homme originaire de la région de Ménaka, dont la famille a été contrainte de fuir vers la ville de Gao, à plus de 200 kilomètres vers l’ouest. Comme eux, des milliers d’habitants de la région ont dû plier bagage face à l’offensive de l’EIGS. En sept mois, celle-ci aurait fait plus de 900 victimes.

Selon les informations qui nous parviennent de la région, les hommes du JNIM, guidés par le Malien Iyad Ag Ghali, auraient repris plusieurs localités comme Tamalat, Inchinanane ou Anderamboukane. Des villages sur lesquels les combattants de l’EIGS avaient fondu en mars dernier, forçant notamment les hommes du Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia) et du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), des groupes armés touaregs loyalistes réputés proches du pouvoir central, à se replier.

Une victoire en trompe-l’œil ?