Diplomatie

France – Algérie : Hollande à Alger, opération déminage

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François Hollande et Abdelaziz Bouteflika, en 2006, à Alger.

François Hollande et Abdelaziz Bouteflika, en 2006, à Alger. © Fayez Nureldine/AFP

François Hollande est arrivé à Alger, mercredi 19 décembre, où il a été accueilli par Abdelaziz Bouteflika. Son voyage officiel de deux jours en Algérie a fait l’objet d’une minutieuse préparation de part et d’autre.

Du sens et du contenu. Pour l’accompagner à Alger, François Hollande invite de grands témoins de l’amitié franco-algérienne : l’acteur Kad Merad – de son vrai nom Kaddour Merad -, la chanteuse Djur-Djura, l’historien Benjamin Stora et le militant socialiste Georges Morin. Des hommes politiques aussi, comme Jean-Pierre Chevènement et l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Avec neuf ministres et quarante-quatre chefs d’entreprise ou responsables économiques dans sa délégation, le président veut donner du corps à cette visite. Pour cela, il a déminé le terrain historique. Il y a deux mois, il a reconnu la « répression sanglante » de la manifestation du 17 octobre 1961. Ce jour-là, plusieurs dizaines de manifestants algériens avaient été tués à Paris par la police française.

On veut placer la barre haut, mais pas trop haut.

Un diplomate algérien

« On veut placer la barre haut, mais pas trop haut », confie un diplomate algérien. Les Français sont d’accord. Exit le projet de traité d’amitié qui était trop ambitieux. À l’issue de la visite, les deux chefs d’État feront une déclaration conjointe sur les sujets clés et essaieront de mettre en place un séminaire intergouvernemental qui se réunira tous les ans sur les questions d’actualité. Au programme du tête-à-tête Bouteflika-Hollande : la Syrie bien sûr, le Mali – « on est davantage dans la nuance que dans la divergence », souffle un diplomate français -, le Sahara occidental – « là, il y a un point de désaccord, car nous soutenons le plan d’autonomie marocain, mais ce n’est pas nouveau », confie le même diplomate -, et des relations économiques plus fortes.

Plus d’investissements, plus de marchés

L’Algérie veut plus d’investissements français, à l’image de la future usine de montage de véhicules Renault à Oran. La France veut plus de marchés, notamment dans le domaine militaire (bâtiments de guerre, hélicoptères de combat) : « À quoi ça sert d’avoir un partenariat d’exception avec l’Algérie si les gros contrats d’armement de ce pays nous passent sous le nez au profit de la Russie, de l’Italie, de l’Allemagne ou de la Grande-Bretagne ? »

La chance de Hollande, c’est que le scandale de la loi du 23 février 2005 et du « rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » est largement retombé. Surtout, sa vraie chance, c’est la grosse bévue de Nicolas Sarkozy le 5 décembre 2007. Ce jour-là, à Constantine, il prononce devant Abdelaziz Bouteflika un beau discours sur la coopération franco-algérienne. Mais le soir même, à peine rentré à Paris, il reçoit une délégation de harkis. Fureur d’Alger. « C’est comme s’il avait voulu s’excuser d’être allé en Algérie », peste un proche du président algérien. Aujourd’hui, François Hollande a beau jeu de dire : « Je ne tiendrai pas un discours à géométrie variable, en fonction de mes interlocuteurs. » Un de ses proches précise : « La relation franco-algérienne, ce n’est pas un coup à gauche, un coup à droite. C’est de la cohérence et une vision à long terme. » 

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