Politique

Sénégal : le droit de manifester est-il menacé ?

L’ONG Amnesty International a dénoncé, ce 28 octobre, le « rétrécissement des libertés individuelles » au Sénégal, déjà épinglé par la Cour de justice de la Cedeao en mai dernier.

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Par - à Dakar
Mis à jour le 31 octobre 2022 à 18:23

Manifestation à Dakar, le 8 mars 2021, après que le chef de l’opposition, Ousmane Sonko, a été accusé de viol. A protester jumps over a teargas canister during a protest in Dakar on March 8, 2021, after the country’s opposition leader Ousmane Sonko was charged with rape. – Usually considered a beacon of stability in a volatile region, deadly clashes between opposition supporters and security forces have rocked the West African state. © JOHN WESSELS/AFP

Le droit de manifester est-il menacé au Sénégal ? À cette question, l’ONG Amnesty International répond par l’affirmative. En visite dans le pays, sa secrétaire générale, Agnès Callamard, a en effet tiré la sonnette d’alarme le 28 octobre, après s’être entretenue avec le Premier ministre, Amadou Ba, avec le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, et avec le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome. Elle estime que le Sénégal s’achemine vers « un régime d’autorisation des manifestations », alors même que les rassemblements politiques sont « primordiaux dans un contexte électoral », le prochain scrutin présidentiel devant avoir lieu en février 2024.

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L’une des principales mesures de l’arsenal juridique visé par Amnesty est le maintien de l’arrêté Ousmane Ngom. Adopté le 20 juillet 2011, ce texte qui porte le nom de l’ancien ministre de l’Intérieur d’Abdoulaye Wade interdit les « manifestations à caractère politique » pour des questions de « sécurité nationale » dans le centre-ville de Dakar, dans l’espace compris entre l’avenue El Hadj Malick Sy et le Cap Manuel.

Cette décision avait été prise alors que les Sénégalais manifestaient contre la révision de la Constitution qui ouvrait la voie à une nouvelle candidature du président Abdoulaye Wade. Mais elle n’a pas été abrogée après l’arrivée au pouvoir de Macky Sall, en 2012. Le 13 mars dernier, la Cour de justice de la Cedeao a jugé que la portée de l’arrêté était « indûment large et vague » et qu’il violait les droits à la liberté d’expression et à la réunion pacifique.

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