Économie

[Décryptage] Pourquoi la zone CFA va pâtir de la hausse continue des taux d’intérêt en Europe

Alors que la Banque centrale européenne valide la troisième hausse de ses taux d’intérêt en moins de cinq mois, l’Afrique et la zone CFA en particulier risquent d’en faire les frais. Explications

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Mis à jour le 3 novembre 2022 à 23:07

Siège de la Banque centrale européenne, à Francfort, en Allemagne. © Wikipedia

La Banque centrale européenne (BCE) poursuit sa politique monétaire restrictive. En l’espace de quelques mois, son principal taux de refinancement est passé de 0,5 % à 2 %. Et, à en croire la présidente de l’institution financière européenne, Christine Lagarde, au lendemain de la dernière hausse, le 27 octobre, « cette augmentation sera suivie par d’autres ». L’objectif premier de cette mesure est de renchérir le coût des emprunts pour freiner la demande et, par effet domino, endiguer l’inflation – quitte à accroitre le risque de récession.

Au vu du contexte actuel, et d’après plusieurs experts interrogés par Jeune Afrique, l’utilisation de ce levier est à double tranchant : tout en permettant de maintenir l’euro à un certain niveau, il constituera un frein au développement. Pis encore, il pèsera très lourdement sur les économies les plus fragiles, notamment celles arrimées à la devise de l’UE. Comme le souligne, Clemens Graf von Luckner, économiste chercheur affilié à Sciences Po Paris, « encore une fois, l’Afrique, plus précisément la zone CFA, est la victime collatérale d’une politique monétaire extérieure ».

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Une politique monétaire imposée