Culture

Villa Médicis : racisme, impérialisme, esclavage… Comment décoloniser le patrimoine français ?

La présence de certaines tapisseries du XVIIIe siècle sur les murs de ce haut-lieu patrimonial français situé à Rome crée des tensions. Au cœur du débat : la représentation de l’Histoire dans l’espace public. 

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 18 décembre 2022 à 09:17

Le Grand Salon de la Villa Médicis, à Rome. © Facebook Villa Medicis

« Pensionnaires de la Villa Médicis, nous avons souhaité ne pas exposer dans le Grand Salon et le fermer parce qu’il abrite […] une série de tapisseries que nous jugeons dégradantes et racistes […], issues d’une culture visuelle impérialiste qui, par le recours à l’exotisme, célèbre les violences coloniales de l’Europe, l’esclavage, la surexploitation de la Nature et la réduction d’êtres humains à l’état d’objets ». Novembre 2021 : à l’occasion de la Nuit blanche, ce texte, signé par une quinzaine d’artistes, est affiché sur la porte de l’une des principales salles de la Villa Médicis, à Rome.

En cause ? L’exposition, depuis 2009, de la Tenture des Indes, une série de tapisseries tissées par la manufacture royale des Gobelins entre 1724 et 1726. Représentant de manière fantasmagorique la présence impériale européenne au Brésil, elle a été offerte au XVIIIe siècle à l’Académie de France,