Politique

« Armée numérique du PSG » : les preuves de l’opération menée par Lotfi Bel Hadj

Le Paris-Saint-Germain, détenu par le Qatar, avait chargé Digital Big Brother, une agence dirigée par le Franco-Tunisien Lotfi Bel Hadj, de créer de faux comptes Twitter pour mener de virulentes campagnes contre des cibles du club, comme l’a révélé Mediapart le 12 octobre. JA a obtenu de nouveaux documents détaillant cette collaboration. Enquête.

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Mis à jour le 28 octobre 2022 à 13:32

Jeune Afrique révèle de nouvelles preuves de la collaboration entre DBB et le PSG. © MONTAGE JA : JEAN-FRANCOIS MONIER/AFP ; Stephane Allaman/DPPI/AFP ; FRANCK FIFE/AFP ; Serge Picard/Agence VU

Quelle était la réalité des liens entre le Paris-Saint-Germain (PSG) et la société Digital Big Brother (DBB) ? Depuis la publication, le 12 octobre, d’une enquête sur le site de Mediapart révélant que le club de la capitale française avait fait appel aux services de la société détenue par l’homme d’affaires franco-tunisien Lotfi Bel Hadj afin de créer de faux comptes Twitter pour mener des campagnes hostiles à certaines personnalités dont, parfois, ses propres joueurs, le PSG dément « fermement » ces accusations et affirme qu’il n’a « jamais contracté avec une agence pour nuire à qui que ce soit ».

« Le PSG est une marque internationale qui travaille en permanence avec des agences de social media partout dans le monde pour promouvoir et célébrer les réalisations du club, de ses collaborateurs et de ses partenaires, comme toutes les entreprises », a-t-il ajouté.

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Si aucun véritable contrat n’a été formalisé avec le PSG, DBB a bel et bien travaillé pour le club entre mi-2018 et 2020. Comme l’a révélé Mediapart, ces prestations ont été facturées au PSG, ainsi que l’atteste celle de novembre et décembre 2018, d’un montant de 25 000 euros, consultée par Jeune Afrique. Son objet, « gestion de e-reputation web et réseaux sociaux ». Les modalités de ces transactions étaient définies par les conditions générales d’achat (CGA) que DBB devait respecter pour être payée. JA s’est procuré les CGA établies pour 2018. Datées du 1er juin, elles sont signées par celui qui était alors le représentant légal de la société de Lotfi Bel Hadj. « Une façon de contractualiser sans contrat », précise une source au fait de la collaboration entre les deux entités.

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