Politique

Au Burkina Faso, Ibrahim Traoré imprime sa marque

Une série de mesures marquantes et populaires ont été annoncées par le nouveau Premier ministre Apollinaire Kyélem, qui cherche à s’inscrire dans les pas de Thomas Sankara.

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Mis à jour le 26 octobre 2022 à 13:10

Ibrahim Traoré assiste à la cérémonie de prestation de serment en tant que président de transition du Burkina Faso, le 21 octobre 2022 à Ouagadougou. © Anadolu Agency via AFP

Près d’un mois après le renversement de Paul-Henri Sandaogo Damiba et sa prise de pouvoir, Ibrahim Traoré commence à imprimer sa marque. Alors qu’il a notamment justifié son coup d’État par la persistance de l’insécurité, le capitaine trentenaire a décidé de s’ériger en chef de guerre. Avec une méthode nouvelle et des annonces visant à marquer les esprits.

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Des milliers de combattants

Il a d’abord promis un « recrutement exceptionnel » de 3 000 militaires pour renforcer les Forces armées nationales, mais aussi celui de pas moins de 15 000 Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) destinés à « prendre part aux opérations militaires sur le théâtre national ». Si aucune statistique précise sur le nombre de VDP n’est disponible [en 2020, un rapport évoquait 2 000 hommes], ce chiffre est conséquent.

D’autant que ce mardi 25 octobre, le recrutement de 35 000 VDP supplémentaires a été annoncé. Ces derniers seront des « VDP communaux », qui ne seront déployés que dans « leur commune d’origine » et non sur l’ensemble du territoire national.

Le défi sécuritaire

Émise sous Roch Marc Christian Kaboré, l’idée d’augmenter le nombre de civils engagés dans la guerre avait suscité des critiques au sein de la hiérarchie militaire qui craignait des dérives. Elle est aujourd’hui applaudie, tant par des organisations de jeunes comme par l’ancien Premier ministre Yacouba Isaac Zida. Dans un communiqué, il a souligné que cela faisait « cinq années qu’un recrutement d’un contingent spécial de 3 000 jeunes » avait été suggéré. Si cela avait été fait plus tôt, « nous aurions probablement fait l’économie de nombreuses victimes dans cette guerre contre le terrorisme », a-t-il ajouté.

Dans cette guerre, le président de transition espère pouvoir compter sur toute son armée. Alors que celle-ci est divisée et rongée par des ressentiments entre corps et générations, son unité sera l’un des défis importants qu’il aura à relever. En apparence, le jeune putschiste a réussi à s’attacher la fidélité de la hiérarchie militaire qui l’a assuré de « sa disponibilité à l’accompagner dans la reconquête de l’intégrité du territoire national ».