Société

Maroc : contre la vie chère, l’UNTM, proche des islamistes du PJD, mobilise des centaines de personnes

C’est l’une des premières fois que des sympathisants du Parti de la justice et du développement descendent dans la rue depuis la défaite du mouvement aux législatives il y a un an. La grogne sociale se fait croissante à l’heure où l’inflation reste forte dans le royaume.

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Mis à jour le 24 octobre 2022 à 09:07

Plusieurs centaines de soutients de l’Union nationale des travailleurs au Maroc (UNTM) se sont rassemblés le 23 octobre devant le Parlement, à Rabat. © AFP.

Après plusieurs manifestations contre la hausse des prix dans la semaine à Rabat et dans d’autres villes du Maroc, l’Union nationale des travailleurs au Maroc (UNTM), proche des islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD, opposition), a mobilisé plusieurs centaines de manifestants contre la vie chère ce dimanche 23 octobre devant le Parlement, dans le centre de Rabat, signe d’un mécontentement social grandissant.

C’est l’une des premières fois que des sympathisants du PJD descendent dans la rue depuis la déroute électorale de ce parti aux législatives de septembre 2021, remportées par le parti libéral de l’homme d’affaires Aziz Akhannouch.

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« Les prix grimpent et le gouvernement dort », ont scandé les militants, presque tous habillés de chasubles et coiffés de casquettes orange, la couleur du syndicat. « Non à la hausse exorbitante des prix du carburant… Nous exigeons l’équité et la justice fiscale », pouvait-on lire sur les pancartes et entendre dans la foule. « Ce gouvernement est là depuis un an mais il n’a toujours pas mis en place de mesures pratiques pour freiner la hausse des prix », a déclaré un syndicaliste.

Près de 15 % d’inflation dans l’alimentaire

Le malaise social s’accroît au Maroc sur fond de poussée inflationniste nourrie par la flambée des prix des matières premières au niveau mondial et une croissance atone. L’indice des prix à la consommation a progressé de 8,3 % en septembre sur un an dans le pays, en raison d’une flambée des prix alimentaires (+14,7 %) qui pénalise fortement les classes populaires.

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La grogne vise en particulier Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement, qui a fait fortune dans la distribution de carburant et qui est accusé par ses détracteurs de profiter de l’explosion des prix à la pompe.

Dans une note récente sur les inégalités sociales, le Haut-commissariat au Plan (HCP) a indiqué que le royaume était revenu « au niveau de pauvreté et de vulnérabilité de 2014 », à cause de l’épidémie du Covid-19 et de l’inflation.

(avec AFP)