Fiches pratiques

Banque mondiale : Young Professionals, le Graal du développement international

Inaugurée en 2013, cette filière d’excellence du Groupe Banque mondiale forme les futurs cadres de l’institution. Elle compte un quart d’Africains dans ses rangs.

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Mis à jour le 21 novembre 2022 à 09:45

Jeunes admis au Young Professionals Programme de la Banque mondiale. © Banque mondiale

Seulement 44 admis sur 7 216 candidats. Pour intégrer la promotion 2022 du Young Professionals Programme – un programme intensif du Groupe Banque mondiale, composé de la Banque mondiale, de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (Miga) –, la compétition a été rude.

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Douze des heureux élus sont détenteurs de la nationalité d’au moins un pays du continent – dix États d’Afrique sont représentés, précise l’institution. Ils suivront une formation de deux ans à Washington DC : le début d’un contrat de travail à temps complet d’une durée de cinq ans (renouvelable).

Long processus

Une aubaine, alors qu’au sein du Groupe les contrats de consultant n’excèdent pas 150 jours par an. Mais si ce programme est considéré comme le Graal par tout jeune désireux de faire carrière dans le domaine du développement et des marchés émergents, son processus de recrutement est particulièrement sévère.

« Pour être admis dans le Groupe, il faut avoir un bon réseau, une expérience solide et savoir se vendre : c’est un recrutement somme toute assez classique. Pour faire partie des Young Professionals, le processus est encore plus formaliste et encadré. Et il s’étale sur plusieurs mois », explique Djénéba Gory, consultante sénior en matière d’égalité dans l’éducation et d’égalité des sexes à la Banque mondiale.

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Pour y être éligibles, les candidats doivent remplir plusieurs critères : être âgé de moins de 32 ans, être titulaire d’un master ou d’un doctorat, maîtriser parfaitement l’anglais, justifier d’une expérience professionnelle significative et posséder une fine connaissance des tendances sectorielles.

Sur-mesure

Ils doivent, ensuite, présenter leur curriculum vitae, rédiger un court essai, faire un bref résumé de leur thèse et bénéficier de recommandations académiques. Suivent plusieurs oraux, une évaluation comportementale et l’entretien final. « La partie la plus difficile a été l’entretien : interagir avec un panel d’experts de la Banque mondiale, tous très compétents dans leur domaine, et démontrer comment vous pourrez apporter une valeur ajoutée au travail de la Banque n’est pas chose aisée », confie Momo Bertrand, un Camerounais qui a intégré le programme en 2022.

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« La première chose que j’ai remarquée, à la Banque mondiale, c’est la diversité. Entre le hall d’entrée et mon bureau, j’ai entendu parler plusieurs langues et vu des personnes de toutes origines », raconte le jeune homme. Pour l’heure, après des séances d’orientation à grand renfort d’ « exposés inspirants présentés par des hauts dirigeants de la Banque, d’anciens Young Professionals et des formateurs chevronnés », Momo Bertrand travaille avec l’équipe chargée des programmes Éducation pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale.

« Les Young Professionals bénéficient d’une formation sur-mesure, qui leur permet d’explorer différents domaines afin de développer au maximum leurs capacités. Les consultants classiques, quant à eux, doivent être plus proactifs dans le développement de leur carrière», explique Djénéba Gory.

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Postes à responsabilités

Au terme du parcours – qui les aura amenés à analyser le contexte macroéconomique et macro-fiscal dans le cadre des opérations de financement de la Banque, à faire des modélisations et des prévisions, à conseiller les clients, ou encore à œuvrer à la coordination des activités et au renforcement des capacités –, les jeunes consultants auront un CV bien rempli, qui doit mener une partie d’entre eux à occuper les postes à responsabilités au sein de la Banque. « Ils ont été sélectionnés spécifiquement pour cela », assure la consultante.

En attendant, Yasmine Osman, qui a été admise au programme en 2021, mesure sa chance d’avoir pu de se joindre à plusieurs missions, en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Togo, et se félicite de « l’impact » de son travail. De son côté, Momo Bertrand compte bien « évoluer au sein de l’organisation, et contribuer à assurer la prospérité [des populations], notamment celle des communautés pauvres. »