Politique

Centrafrique : démonstration de force des pro-Touadéra pour un référendum constitutionnel

Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi 22 octobre à Bangui pour demander un référendum constitutionnel et permettre au président Touadéra de briguer un troisième mandat, un projet dénoncé par l’opposition.

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Mis à jour le 23 octobre 2022 à 09:54

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra après son élection, à Bangui, le 18 janvier 2021. © ANTOINE ROLLAND/REUTERS

Organisé par le Front républicain, proche du pouvoir, en présence des membres du gouvernement et d’autres partis favorables aux autorités, ce rassemblement a réuni « plus de 15 000 » personnes, affirme un membre de l’organisation.

Réunis autour du Monument du Travail, dans le centre-ville de la capitale, les militants ont scandé l’hymne national sous les fenêtres de la présidence en brandissant des banderoles. « Oui au référendum et aux réformes institutionnelles », pouvait-on lire.

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Les prises de parole se sont succédé à la tribune, demandant au président Faustin-Archange Touadéra « d’organiser dans un délai de 30 jours un référendum et « d’abroger le décret entérinant la désignation des membres de la Cour constitutionnelle ».

Troisième mandat

Le chef de l’État a fait une brève apparition pour dire qu’il les avait « entendus ». « Je vais transmettre tous vos propos et en discuter avec les différentes institutions, mais je vous prie de patienter, je reviendrai vers vous dans un bref délai », a déclaré Faustin-Archange Touadéra, avant de s’éclipser.

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Le rassemblement a duré toute la matinée. De nombreux manifestants ont été rémunérés 2 500 francs CFA (environ 4 euros) par le Front républicain pour avoir participé à la mobilisation, a constaté une journaliste de l’AFP.

Fin août, Faustin-Archange Touadéra avait créé par décrets un comité chargé de rédiger une nouvelle Constitution, alors que le texte actuel lui interdit de briguer un troisième mandat. Mais le 23 septembre, la Cour constitutionnelle présidée par Danièle Darlan les avait annulés sur une saisine de l’opposition, qui redoute qu’une nouvelle loi fondamentale autorise le chef de l’État à briguer un troisième mandat.

(Avec AFP)