Politique

Déby Itno contre Faki Mahamat : au Tchad, chronique d’un duel annoncé ?

L’un est le fils du défunt président, l’autre est son ancien ministre des Affaires étrangères. Mais, entre le dirigeant de la transition et le patron de la Commission de l’UA, qui pensent déjà au scrutin de 2024, la tension monte.

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Mis à jour le 28 novembre 2022 à 15:38

Mahamat Idriss Déby Itno (à g.) et Moussa Faki Mahamat. © Vincent Fournier / JA – Montage JA

LE MATCH DE LA SEMAINE – Cette cérémonie, Mahamat Idriss Déby Itno ne l’aurait pas imaginée voici encore deux ans, alors qu’il dirigeait la sécurité présidentielle et s’assurait, dans l’ombre, que rien ne viendrait entraver le chemin de son père, Idriss Déby Itno, vers un nouveau mandat. Pourtant, en ce 10 octobre, alors qu’il remonte le tapis rouge menant à l’entrée du Palais du 15-Janvier, dans le centre de N’Djamena, le général s’apprête bel et bien à prêter serment, président d’une transition dont il est en réalité déjà à la tête depuis le décès de son père, en avril 2021.

Boubou blanc, mocassins et couvre-chef assortis, il a chaussé ses fines lunettes noires et s’avance à la tribune, entouré de ses gardes du corps à cravate rouge. Quelques minutes plus tard, revêtu des insignes de chef d’État, le voilà qui prophétise : « Le temps est venu, pour l’Afrique et pour le monde, de mieux découvrir le talent des jeunes Tchadiens ». À 38 ans, Mahamat Idriss Déby Itno parle-t-il pour lui-même ? Pense-t-il déjà à l’après-transition ? Le Dialogue national inclusif et souverain (DNIS) lui a en tout cas ouvert la porte, en autorisant les responsables de la transition à se porter candidats à l’élection présidentielle de 2024.

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Lui a pris goût au pouvoir, chaque jour un peu plus à l’aise dans son costume civil et délaissant le treillis. À l’étranger, il s’est habitué à ces apartés entre chefs d’État, notamment avec le Congolais Denis Sassou Nguesso ou avec le Nigérian Muhammadu Buhari, présent à N’Djamena le 10 octobre. Il pense à la présidentielle de 2024 comme à son prochain défi et nul ne doute qu’il sera candidat, si les circonstances le lui permettent. « Il s’est découvert un attrait pour la fonction de président au fur et à mesure de la première phase de la transition », explique un proche du gouvernement tchadien.

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