Politique

Guinée : à la barre, Toumba Diakité fait le show

Très attendu, l’interrogatoire de l’ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara a débuté ce mercredi 19 octobre dans une salle d’audience captivée. Une plongée inédite au cœur du pouvoir au lendemain de la mort de Lansana Conté.

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Mis à jour le 20 octobre 2022 à 17:44

Aboubacar Sidiki Diakité, l’ancien chef de la garde présidentielle de Moussa Dadis Camara. © SEYLLOU/AFP

Il est 15h40, ce mercredi 19 octobre, lorsque l’accusé prend enfin la parole. Le silence s’est fait dans la salle du tribunal où sont jugés les responsables présumés du massacre perpétré le 28 septembre 2009. À la barre, Aboubacar Diakité, alias Toumba, tient son public en haleine. Ses avocats l’avaient dit affaibli, il apparaît très combattif. Tantôt persuasif, tantôt drôle, l’ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara arrache un sourire à l’assistance, des rires ponctuent ses déclarations. Même l’ancien chef de la junte, que Toumba Diakité ne ménage pas, affiche parfois une moue amusée.

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En attendant celui de Moussa Dadis Camara, son interrogatoire est l’un des moments les plus marquants du procès qui s’est ouvert le 28 septembre dernier. Le regard tourné dans la direction de son ancien chef, il l’a exhorté à « s’assumer comme un vrai homme et [à] demander pardon aux Guinéens, en tant que chef de l’État et commandant en chef des forces armées ». Se réjouissant de pouvoir donner sa part de vérité, il a promis de ne pas « déformer les faits ». « Dieu ne me le pardonnerait pas », a-t-il ajouté.

Le Coran et le tableau de Mendeleïev

À la barre, Toumba Diakité demande pardon aux victimes, prie pour le repos de leurs âmes, cite le Coran et se réfère au tableau du scientifique russe Mendeleïev, comme si ce classement des éléments chimiques élaboré à la fin du XIXe siècle pouvait aider à percer le mystère de ce que fut le pouvoir de Moussa Dadis Camara, entre le 23 décembre 2008 et le 3 décembre 2009. Ce n’est plus une salle d’audience, c’est un amphithéâtre.

Il fallait éviter qu’au décès de Conté, le hasard conduise un analphabète au pouvoir